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Le Petit Parisien - 27 septembre 1925


Le Petit Parisien 1925 09 27 Page une

Le Petit Parisien 1925 09 27 l'octroi  Pour ou Contre Maurice Prax

POUR ET CONTRE

De temps en temps, à peu près tous les six mois, un député réclame, à la Chambre, la suppression de l'octroi. Cette intervention est toujours très chaleureusement accueillie. Personne ne songe à défendre l'octroi, cette araignée monstrueuse qui tisse ses toiles sur tout le pays, pour «embêter» tout le monde, pour empoisonner tous les coins et recoins. et pour ne prendre finalement que des moucherons... Seulement, en attendant, l'octroi continue et l'octroi grandit à vue d'œil. Les pattes de l'araignée sont de plus en plus grosses. Les piqûres de l'araignée deviennent de plus en plus cuisantes. Et ses toiles s'épaississent.
Depuis le 12 août dernier, les tarifs pratiqués par l'octroi de Paris ont ainsi subi une augmentation désastreuse, désastreuse pour les pauvres consommateurs. Et, ce sont, bien entendu des denrées et des produits de première nécessité qui se trouvent le plus cruellement frappés. La démocratique boite de sardines et l'innocent saucisson même s'il se compose de cette curieuse matière que l'on appelle aujourd'hui «l'hippo-pore amidonné», trinquent, si l'on peut dire, dans les grandes largeurs. Tout ce qui se range est pareillement surtaxé. C'est une jolie façon de combattre la vie chère.
Nécessité fait loi, diront certains. Quand les budgets sont en déficit, il faut bien chercher des ressources nouvelles.
Oui! Seulement, il ne faut pas que les ressources nouvelles soient des ressources meurtrières et stériles. Il ne faut pas qu'elles soient des ressources folles et illusoires. Il ne faut pas qu'elles ruinent ceux dont on les tire et qu'elles s'évanouissent ensuite mystérieusement entre les mains de ceux qui comptent sur elles.
Les ressources «nouvelles» que va produire l'augmentation des tarifs de l'octroi s'élèveront peut-être à cinq ou six millions. (Je dis un chiffre au hasard.) Mais, en ce cas, elles coûteront cinquante millions aux Parisiens, aux consommateurs, aux pauvres gens. En effet, il va arriver ce que nous avons déjà vu arriver cent fois. Aux portes de Paris, ce sera la taxe sur la marchandise qui sera seulement levée de dix pour cent. Dans Paris, ce sera la marchandise elle-même qui se trouvera mystérieusement augmentée de dix ou de vingt pour cent. Ainsi, on arrachera cinquante ou cent millions (ou plus) aux contribuables- consommateurs pour un supplément de recettes fiscales dix fois moindre, vingt fois moindre...
Le consommateur sera écrasé. Le budget ne sera pas relevé. C'est stupide.

Maurice PRAX.


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