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Paris soir 1925 09 20 article - plaidoyer pour le désarmement

LA POLITIQUE DU CARTEL
Désarmement

Léon Jouhaux a prononcé hier, devant l'Assemblée de la Société des Nations, un vigoureux plaidoyer en faveur du désarmement. Une motion espagnole demande qu'on entreprenne l'étude technique de cette question. Jouhaux l'a défendue avec beaucoup de force. Mais il importe assez peu qu'une commission recherche les moyens, pratiques de réduire les armements si, avant même qu'elle ne se soit réunie, des nations importantes se déclarent décidées à rejeter ses conclusions. Or, c'est le cas de l'Angleterre et de l'Italie. Sir Cecil Hurst a revendiqué pour tous les pays «le droit de maintenir des organisations militaires et navales conformes à leurs traditions». Il a repris contre la proposition de l'Espagne les arguments à l'aide desquels M. Chamberlain avait combattu le protocole.

L'attitude de l'Italie n'est pas moins significative. Un de nos grands confrères, qui n'a point de sympathies excessives pour l'effort de paix de la Société des Nations, constate que le Gouvernement fasciste «s'associe dans bien des cas à la doctrine d'obstruction de la Grande-Bretagne». Son délégué, M. Coppola, soutenu d'ailleurs par le représentant du dictateur hongrois Horty, a renchéri sur les déclarations de sir Cecil Hurst. Il n'y a pas lieu d'en être surpris. Le régime mussolinien, fondé sur la violence, et qui vit de l'exploitation d'un nationalisme grossier, ridiculement agressif, ne peut pas envisager une minute un désarmement qui aurait pour effet immédiat de le précipiter du pouvoir.

L'attitude des conservateurs anglais, grâce aux singuliers appuis qu'elle a trouvés, risque à la fois d'affaiblir l'autorité morale de l'Assemblée de Genève et de la réduire à la plus lamentable impuissance. Jouhaux l'a fort bien aperçu. «L'an dernier, a-t-il conclu, le protocole avait provoqué un enthousiasme indéniable dans la classe ouvrière. Il faut tout redouter des déceptions qui pourraient suivre les débats d'aujourd'hui...»
C'est très exact. Et l'on peut, maintenant, se rendre compte de la portée mondiale d'un événement comme l'arrivée aux affaires du Cabinet travailliste, et de l'influence bienfaisante qu'il était capable d'exercer sur les relations internationales. La chute de Mac Donald n'a réjoui que les bellicistes impénitents, ou les politiciens à courte vue, démocrates pusillanimes, qui s'effraient des progrès du socialisme et ne comprennent pas qu'à ces progrès est lié, en fait, le sort de la paix.

L.-O. FROSSARD.

Léon Jouhaux 

Miklos Horthy

Tamas Sulyok (président actuel]


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