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Figaro - 27 septembre 1925


Figaro 1925 09 27 Les négociations de Washington

La réunion plénière des deux commissions n'aura lieu que lundi matin

WASHINGTON, 26 septembre. La réunion plénière n'a pas eu lieu aujourd'hui ; elle a été définitivement fixée à lundi matin, la période momentanée d'attente n'empêche pas l'activité de se manifester des deux côtés. Après le diner intime, hier soir, qui a permis à MM. Mellon et Caillaux d'examiner les deux points de vue et d'envisager les moyens possibles de les rapprocher, M. Mellon a rencontré M. Caillaux aujourd'hui au déjeuner de l'ambassade, en présence de MM. Berenger, Dupuy et Bokanowski, experts français.
La délégation française au complet s'est réunie ce matin pour continuer l'examen du mémorandum américain.
Les conversations à côté ne peuvent qu'influencer heureusement le cours des négociations et préparent, en le déblayant, le terrain en vue de la réunion plénière de lundi. Les points principaux du problème sont la fixation du taux des intérêts et l'introduction de la clause protectrice.

La teneur des premières propositions françaises
Le secret que l'on garde dans les cercles officiels a été tout à fait strict au sujet des suggestions françaises et des commentaires qui auraient été faits par M. Mellon.
Cependant, certains renseignements ont transpiré au sujet des premières propositions faites par M. Caillaux.
La France proposerait de fondre en un tout le principal de la dette de guerre, y compris le principal du montant des stocks américains Cette somme globale est d'environ 3.350 millions de dollars. La France demanderait ensuite à payer cette somme en l'échelonnant sur des annuités couvrant un laps de soixante-deux ans, à condition toutefois que les paiements de la première annuité ne soient pas supérieurs à 25 millions de dollars et ceux de la deuxième année à 30 millions de dollars. On irait ensuite graduellement de 45 à 50 millions de dollars, et les annuités pourraient, au fur et à mesure, s'élever jusqu'à 90 millions de dollars Quant aux intérêts, M. Caillaux en demanderait l'annulation C'est une clause importante, attendu que les intérêts accrus de la dette française s'élèvent en ce moment à la somme de 770 millions de dollars, en chiffres ronds
La France voudrait inclure, enfin, une clause sauvegardant pour l'avenir sa capacité de paiement. Au cas où celle-ci viendrait à être affaiblie, la France demanderait que ses versements fussent diminués en proportion.

Les Américains resteront-ils intraitables ?
Suivant une dépêche de New-York & l'Agence Reuter, on ne croit pas que les Américains consentiraient à faire à la France des conditions plus favorables que la Grande-Bretagne. Cette opinion résulterait de l'attitude du sénateur Borah, Celui-ci, on le sait, déclare qu'il serait difficile d'expliquer comment les Américains subissant des taxes par suite des emprunts de guerre, le gouvernement des Etats-Unis pourrai réduire les intérêts jusqu'à leur minimum, alors que les nations européennes empruntent de l'argent aux banquiers américains à des taux élevés. Un assez grand nombre de membres des deux Chambres du congrès doivent partager les idées du sénateur Borah sur cette opinion et la commission américaine ne peut pas ignorer sur ce point cette opinion, si elle veut obtenir la sanction du congrès pour un accord au sujet de la dette française.
Trois membres de la commission américaine, MM. Crisp, Hoover, et Burton, insistent pour que le règlement des dettes françaises se fasse sur les mêmes bases que l'accord anglo-américain, c'est-à-dire au moyen de paiements annuels de 180 millions de dollars chiffre tellement élevé que la délégation française refuse même de l'examiner.
Le sénateur Glass, qui était secrétaire de la trésorerie sous la présidence de M. Wilson, est, au contraire, partisan d'accorder les plus grandes facilités à la France. Il déclare que les Américains devraient user, envers les Français, d'une générosité allant jusqu'aux extrêmes limites.

M. Caillaux repartira le 2 octobre
La délégation française ira demain à Mont-Vernon saluer le tombeau de Washington. M. Mellon accompagnera les délégués français et déjeunera avec eux.
M. Caillaux a déclaré à des journalistes que rien ne l'empêcherait de repartir le 2 octobre.


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