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Le Temps - 20 septembre 1925


Le Temps 1925 09 20 article La conférence douanière en Chine 1Le Temps 1925 09 20 article La conférence douanière en Chine 2

LA CONFERENCE DOUANIERE DE PEKIN

Le 18 août, le ministère des affaires étrangères chinois adressait à chaque légation, à Pékin, une invitation du gouvernement chinois à une conférence sur les tarifs douaniers chinois. On y lisait ceci:

Conformément à l'article 11 du traité entre les Etats-Unis d'Amérique, la Belgique, l'Empire britannique, la Chine, la France, l'Italie, le Japon, les Pays-Bas et le Portugal, concernant les tarifs douaniers chinois, signé à Washington, le 6 février 1922, une conférence spéciale se réunira en Chine dans les trois mois après l'entrée en vigueur dudit traité, au lieu et à la date qui seront fixés par le gouvernement chinois, en vue de continuer et de compléter les travaux de la conférence de Washington relatifs aux questions des douanes chinoises.
En rapport avec ledit traité, il est à rappeler que le 5 janvier 1922, à la 7ème séance de la commission du Pacifique et de l'Extrême-Orient de la conférence de Washington, la délégation chinoise, en donnant son assentiment au dit traité, a déclaré son intention de soulever la question du retour à la Chine de l'autonomie de son tarif dans toutes les occasions appropriées à l'avenir. Le gouvernement chinois, en vertu de la déclaration sus-mentionnée, propose que la dite question soit reprise aussi dans la prochaine conférence et espère que certains arrangements, seront conclus pour enlever les restrictions douanières qui lui ont été imposées jusqu'ici.
Le dit traité, comme il est prévu dans son article 10, prend effet le 5 août 1925, date du dépôt de toutes les ratifications à Washington.
En conséquence, conformément aux stipulations de l'article 41 du traité précité, le gouvernement chinois a l'honneur de faire connaître qu'il décide que la conférence spéciale sera réunie le 26 octobre 1925, dans la ville de Pékin.

Les gouvernements étrangers ont accepté l'invitation qui leur a été transmise par leurs légations. La conférence prévue sera donc chargée de modifier le régime actuel des douanes qui remonte au traité de Nankin de 1842, revisé en 1858, 1902 et 1918, en augmentant les tarifs qui sont nominalement de 5 0/0 ad valorem jusqu'à 10 0/0 pour les marchandises ordinaires et 12 0/0 pour les marchandises de luxe, à condition que la Chine supprime les likins ou douanes de province à province.
Bon nombre de Chinois ne se contentent pas de cette augmentation. Cependant, M. Padoux, conseiller français du gouvernement chinois, fait la remarque suivante qui mérité attention:
La Chine a sans aucun doute le droit de recouvrer son autonomie douanière mais je suis convaincu que si, après l'avoir recouvrée, elle venait à décréter l'adoption d'un tarif différentiel, c'est-à-dire un tarif visant à la protection des industries et de la production indigènes, les revenus des douanes diminueraient au lieu d'augmenter. Avec le système uniforme actuel, chaque article est taxé au même pourcentage et personne ne peut demander qu'un traitement particulier soit appliqué à une catégorie particulière de marchandise. Mais quand le tarif ne sera plus uniforme, quand le principe de la différenciation sera admis, les intérêts privés se manifesteront immédiatement. Les marchands et les manufacturiers chinois demanderont au gouvernement d'augmenter les droits sur les objets manufacturés importés de l'étranger. Mais ils réclameront en même temps l'abolition des droits sur: 1° les denrées alimentaires, tels que le riz, farine, sucre, poissons séchés, etc., sous prétexte que cela améliorerait les conditions de vie de leurs travailleurs; 2° les matières premières telles que coton, bois de construction, cuivre, etc., parce qu'ils en ont besoin dans leurs usines; et même 3° les produits. manufacturés tels que huile, teintures, machines, outils parce qu'ils sont essentiels pour l'industrie chinoise. Le gouvernement aura une tâche difficile s'il veut concilier ces intérêts contraires et il est très vraisemblable que le résultat, s'il est profitable à l'homme d'affaires chinois, ne le sera pas au Trésor. Après comparaison de toutes les données possibles, je suis amené à conclure que le système de tarif le plus profitable pour le gouvernement serait le tarif uniforme de 12 1/2 0/0 avec une surtaxe additionnelle sur un nombre limité d'articles de luxe.
Rappelons qu'en vertu des traités énoncés plus haut, les recettes des douanes (il s'agit des douanes maritimes dans les ports ouverts au commerce étranger) sont déposées dans des banques étrangères, dont la principale est la Hong-Kong and Shanghai Bank Corporation Limited. La commission des banques attribue les sommes déposées au payement des intérêts des emprunts étrangers gagés sur les revenus des douanes et au payenient des annuités de l'indemnité des Boxers. Un prélèvement constitue ensuite un fonds de réserve, enfin le surplus est versé au gouvernement chinois.

La délégation anglaise
Notre correspondant de Londres nous téléphone samedi matin :
M. Austen Chamberlain, ministre des affaires étrangères, a prononcé un discours hier à un déjeuner offert à la délégation britannique qui va assister prochainement à la conférence des tarifs douaniers en Chine. M. Chamberlain a déclaré que la situation actuelle en Chine était grave et que ce serait vain de fermer les yeux sur toutes les difficultés et les problèmes sérieux qui en résultent. Il affirma que la Grande-Bretagne a toujours été animée d'un sentiment de bonne volonté à l'égard des aspirations du peuple chinois. « Le gouvernement britannique, dit-il, ne se laissera pas dévier, par les menaces de la situation présente, de la voie qui mène à une solution pacifique. Il remplira dans l'esprit et dans la lettre les termes de l'accord de Washington, mais deux conditions sont nécessaires pour qu'il puisse porter des fruits, à savoir une atmosphère de bonne volonté des deux côtés, et une Chine unie sous un gouvernement central effectif.


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