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Le Quotidien - 26 septembre 1926

 


Les réformes du Gouvernement

Notre Politique Une superbe mosaïque ?

Tout le monde veut des réformes. Tout le monde veut des économies. Mais tout le monde n'accepte pas les réformes décrétées par le gouvernement.
Les mécontents leur reprochent, ou, du moins, à certaines d'entre elles: 1° de ne pas réaliser d'économies; 2° d'être incohérentes et nuisibles aux intérêts bien compris du pays.
Ont-ils tort?

Un ministre, dont nous sommes bien fâchés que l'on ne donne pas le nom, l'affirme, et fait, à ce propos, une déclaration aussi péremptoire que possible. «Chacune des réformes, dit-il, est une petite pièce de marbre placée sur un dessin conçu à l'avance et qui finira par constituer une superbe mosaïque. La reforme administrative est surtout intéressante par la décentralisation qu'elle comporte.»
Plus loin, il ajoute, après avoir mentionné que les pouvoirs des préfets seront largement étendus : «Tout cela fait partie d'un plan d'ensemble qui a pour but d'éviter à la France d'acheter 23 milliards par an de matières premières et de marchandises nécessaires à son industrie et son commerce, alors qu'elle peut tout trouver et produire sur son territoire et dans ses colonies.»

Naturellement, s'il en est ainsi, aucune objection ne ne peut plus s'élever.
Mais, s'il en est ainsi, pourquoi n'en fait-on pas la démonstration? Jusqu'ici, dans les réformes les plus discutées, loin de trouver une pensée décentralisatrice, on n'avait, au contraire, vu qu'un effort, plutôt fâcheux, de centralisation. S'est-on mépris ?
Si oui, qu'on nous l'explique. Dans tous les cas, ce ne saurait être indiscret de notre part de demander par quel miracle la suppression des tribunaux d'arrondissement produirait, ou permettrait à la France de produire 23 milliards par an de matières premières ? Car, enfin, c'est cela que l'on répond aux protestations qui s'élèvent de toutes parts, non contre l'ensemble des réformes, mais contre une réforme ou deux dont la justification n'apparaît point. Qui nous répondra ?

PIERRE BERTRAND.

 

 


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