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La Dépêche - 22 septembre 1926

 


Ouragan en Floride : Miami est un monceau de ruines  La Dépêche du 21 septembre 1926 La Floride dévastée

La Catastrophe de Floride

La ville de Miami n'est plus qu'un monceau de ruines. Partout de nombreux morts et blessés.

Jacksonville, 21 septembre. Il est maintenant certain que Miami n'est plus qu'un monceau de ruines, d'où les sauveteurs continuent à retirer des cadavres. On compte déjà dans cette ville 500 morts et 800 blessés. 28.000 personnes sont sans abri. A Hollywood, on compte 250 morts et 1.000 blessés; à Carat-Gahls, 100 morts; à Miami-Plage, 100 morts: à Lileah, 17 morts; à Morehavch et Clewiston, 140 morts; à Fort-Lauderdate, 20 morts; à Mukway, 20 morts; à Dania, 10 morts; à Key-West, 18 morts, etc.

Les villages indiens des environs n'ont pas été épargnés et plus de cinquante Peaux-Rouges ont dû périr dans la catastrophe.

Un aviateur qui a survolé les territoires dévastés déclare que de nombreux immeubles ont été littéralement rasés et que les rues sont encombrées de cadavres. Partout on ne voit qu'arbres déracinés, routes détruites, maisons écroulées, ponts démolis..

La catastrophe serait due à un météore

Londres, 21 septembre. Un lecteur du «Daily Mail» dit que la catastrophe de la Floride est due à un météore qui plongea dans la mer entre la côte de Floride et les Bahamas, provoquant un raz de marée et déterminant un terrible ouragan. Or, ajoute ce lecteur, ce météore fut aperçu en Angleterre vendredi soir. Il affectait l'aspect d'une boule de feu laissant une traînée lumineuse. La boule disparut à l'horizon après s'être divisée en deux morceaux. Peu de temps après, le météore provoquait la catastrophe.

Un météorologiste, à qui le «Daily Mail» a soumis la lettre de son lecteur, a trouvé la théorie intéressante tout en faisant remarquer que les tempêtes sont, en septembre, fréquentes aux Antilles et au large des côtes de la Floride.

La violence de l'ouragan Miami, 21 septembre.

La plupart des victimes de la tornade ont été noyées, mais un certain nombre ont été tuées par les débris de maisons projetées à de fortes distances par la violence de l'ouragan.

Une nouvelle tornade

Jacksonville, 21 septembre. Après la tourmente dévastatrice de samedi, on annonce qu'une nouvelle tornade serait en formation dans la mer des Caraïbes. Sa direction n'est pas encore déterminée, mais toutes les villes de Floride ont pris leurs dispositions défensives contre ce terrible ennemi.

 

LA FLORIDE DÉVASTÉE
IL Y AURAIT 800 MORTS

Key-West, 20 septembre. On compte maintenant 87 morts à Miamie, à  Beach les blessés se comptent par centaines. Les dégâts sont évalués à 100 millions de dollars pour Miami seulement, la Nice américaine.
Fort-Landerdale et Pompano ont également souffert de l'ouragan; les dommages sont considérables et il y a des victimes. Les eaux de l'océan ont inondé une grande partie des terrains.
On compte 140 morts à Clewiston et à Mourchaven. Les routes entre les deux villes sont jonchées de cadavres et les deux villes sont en ruines. Un message de Lakekipd annonce que plusieurs centaines de personnes ont été noyées à Mourchaven, qui est inondée et isolée.

La ville de Miami demande télégraphiquement 600 cercueils 
Washington, 20 septembre, D'après les dernières nouvelles, on évalue maintenant à huit cents le nombre des tués. Il y a en outre plusieurs centaines de blessés. Le chef de police de la région dans laquelle se trouve la ville de Miami a demandé par T. S. F. qu'on lui envoie immédiatement six cents cercueils.

Une nouvelle tempête sur le golfe du Mexique
New-York, 20 septembre. Les communications télégraphiques et téléphoniques avec Pensacola et Mobile deviennent de plus en plus difficiles, car un orage venant de la Floride souffle avec une violence de plus en plus grande sur le golfe du Mexique. On craint que cet orage n'ait causé des dégâts importants.
Le bureau météorologique annonce que le vent soufflait ce matin à une vitesse de plus de 150 kilomètres à l'heure à Pensacola, sur le golfe du Mexique.

Un spectacle de désolation 
New-York, 20 septembre. Avec les centaines de cadavres que les eaux laissent derrière elles en se retirant, avec des milliers de personnes sans abri, avec une grande partie de son territoire dévasté, avec ses récoltes détruites et plusieurs milliers de maisons démolies, la côte orientale de la Floride présentait ce matin un spectacle de désolation presque sans précédent.

C'est vers minuit, dans la nuit de vendredi à samedi, que la tornade est venue de l'archipel de Bahamas, s'est abattue avec une violence irrésistible sur la ville endormie de Miami. Des vagues gigantesques ont démoli les maisons comme des châteaux de cartes et noyé dans leurs lits des centaines de gens. La tornade a continué de faire rage pendant toute la journée le samedi, traversant la péninsule de la Floride dans divers sens, fauchant maisons et gens sur son passage.
L'ouragan s'est abattu ensuite sur le golfe du Mexique où il a, croit-on, causé de grands dégâts aux villes du littoral, à Mobile et à Pensacola. Des réfugiés arrivent de tous côtés, dans un état pitoyable, à la station de secours érigée en toute hâte par la Croix-Rouge américaine.

 


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