| Le Quotidien - 14 septembre 1926 |
L'APPLICATION DES LOIS SOCIALES
Le Congrès du textile s'est occupé hier de la réglementation du travail d'usine
(De VALENCE, 13 septembre. notre correspondant particulier.) Le congrès de la Fédération nationale des travailleurs du textile a consacré la deuxième journée de ses travaux à l'examen des revendications sociales.
Les délégués ont tout d'abord donné leur approbation aux conclusions d'un rapport de M. Bauche, de Lille, favorable aux vacances annuelles payées.
Puis ils ont affirmé leur volonté de défendre la journée de huit heures contre les attaques des réacteurs sociaux et réclamé la suppression des dérogations et récupérations qui permettent aux industriels de l'industrie textile de violer systématiquement les dispositions de la loi de 1919.
Ensuite les congressistes se rendant à l'invitation qui leur en était faite par M. Portier, des tullistes de Lyon, ont voté une motion réclamant la création d'un office central de la main-d'œuvre étrangère.
Le congrès a décidé l'ouverture d'une enquête sur les conditions dans lesquelles travaillent et vivent les ouvriers étrangers occupés dans les filatures et tissages.
En ce qui concerne les salaires, les représentants syndicaux se sont prononcés pour leur réajustement périodique au coût de la vie et en faveur d'une action destinée à élever les rémunérations payées aux ouvriers du textile des régions défavorisées au faux des gains dont bénéficient les producteurs des contrées présentement avantagées.
Après quoi, un vœu sur la protection des femmes et des enfants occupés dans les usines a été pris en considération.
Il réclame de meilleures lois sociales pour protéger les ouvrières devenant mères et les enfants as- treints aux plus durs travaux à peine au sortir de l'école. L'admis- sion de ces derniers dans les usines du textile, a déclaré le congrès, ne devrait êire tolérée qu'à partir de l'âge de quinze ans et à la condition que la durée de la journée de labeur soit de six heures au maximum.
Enfin, les délégués ont élevé une protestation solennelle contre les conditions d'hygiène tolérées dans les établissements de l'industrie textile et invite les pouvoirs pu- blics à remédier sans retard à une situation dangereuse pour la santé et la sécurité des travailleurs des deux sexes.
L'insuffisance marquée des ser- vices de l'inspection du travail a donné lieu à de très vives critiques. contre les services ministériels.
Puis le congrès a procédé à la désignation des membres du conseil national et de la commission exécu- tive de la Fédération du textile. MM. Victor Vandeputte et Emile. Decock ont été réélus secrétaires fédéraux. EUGÈNE MOREL.
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