| Excelsior - 12 septembre 1926 |
Voici la chasse ouverte; le gibier est rare, mais les accidents sont nombreux; comme pour les accidents quotidiens des automobiles, il a fallu ouvrir, dans les journaux, une rubrique spéciale pour les «accidents de chasse». Les plus heureux s'en tirent avec des plombs dans l'œil : ils seront aveugles ou borgnes; d'autres reçoivent la charge dans les jambes : ils resteront boiteux; mais beaucoup sont tués par des compagnons maladroits
Il y a longtemps qu'il en va ainsi. L'année passée, ici même, nous avons soumis quelques réflexions à ce sujet qui, d'ailleurs, n'ont servi à rien.
«Comment, disions-nous, vous exigez et vous avez grandement raison un permis de conduire des conducteurs d'automobile, et vous permettez au premier venu de courir la plaine un fusil à la main!»
Il semble que c'est l'évidence même.
Mais, objecte-t-on, cela n'empêchera pas les accidents; les maladroits ont toujours été légion.
Raison de plus pour prendre des précautions. Quelques-uns vont même plus loin et voudraient qu'on obligeât les chasseurs non seulement à passer un examen de tireur, mais encore à prendre une police d'assurance contre un accident toujours possible. Presque tous les automobilistes sont assurés contre les dégâts qu'ils peuvent causer ou contre les dommages à la suite des écrasements des braves gens qui vont à pied.
Mais vous allez diminuer le nombre des chasseurs et, partant, restreindre d'autant les bénéfices de l'Etat! N'en croyez rien; quand on a considérablement augmenté le prix du permis, le nombre des chasseurs a presque doublé. Explique qui pourra. La chasse est une passion de luxe et, comme pour toutes les passions, ceux qui s'y adonnent ne regardent pas à la dépense. Puis, au- dessus de tout, il y a l'intérêt du public.
JEAN-BERNARD.
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