| Le Funi - 12 septembre 1926 |
Dans la boîte du "FUNI"
LES CUISINIERS LITTERATEURS
Claude Farrère a sa recette de café turc. Jean Bastia a ses frites. Louis Forest a ses «Quiches à la Lorraine» mets délicieusement délectable, et, parait-il, à «digestion parfumée !!!» Dranem a son poulet à la ficelle.
Curnonsky a son escalope de veau, Paul Reboux, lui aussi, est l'auteur d'une chose merveilleuse : des croustades à faire danser le charleston à un hanneton! Suivez-moi bien : vous prenez des tranches de pain rassis, de la dimension d'un cul de bouteille. Vous substituez à l'eau qui s'en est évaporée l'humectation plus riche dans un bain de lait. Puis, vous enduisez ces tranches d'une couche d'œufs frais, battus en omelette. Vous les faites sauter dans la poële et vous obtenez ainsi quelque chose d'analogue au pain perdu.
Après, vous composez une béchamel épaisse, mêlée par moitié à du fromage râpé, et vous en tartinez ces croustades. Disposez dessus des tranches de jambon, morcelées en minces petits fragments analogues à des moitiés d'allumettes. Vous recouvrez le tout d'une couche de fromage râpé et vous mettez au four, de manière à ce que l'appareil se parfume et se dore.
Faites une sauce épaisse de crême douce, de jaunes d'œufs, de glou de viande, aromatisée aux herbes : estragon, persil, civette. Cette sauce onctueuse et riche, ponctuée de verdure, accompagnera délicieusement ces tartines rissolées
Assez! assez! mon cher Reboux, je m'y perds dans votre recette culinaire et malgré mon désir de déguster votre plat favori je suis persuadé que je ne saurais jamais faire, votre chef-d'œuvre.
J'aime bien les petits plats, je veux dire que j'aime bien les manger mais non les faire. Je conserve néanmoins votre recette pour un mien cousin qui adore faire la «tambouille». S'il «vous» réussit, je vous promets de vous inviter!
Christian DORCY.
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