| Paris-Soir - 05 septembre 1926 |
EN CHINE
Un nouveau conflit entre Moscou et Pékin
Moscou, 4 septembre. La presse soviétique reproduit une dépêche de Kharbine annonçant que les autorités chinoises se sont emparées des vaisseaux fluviaux qui étaient en rapport avec le chemin de fer de la Chine orientale. Les pavillons du C.F.C.O. sur les vapeurs et sur les bureaux de navigation ont été arrachés et remplacés par les pavillons du ministère de la guerre et de la marine marchande.
Sur les quais du C.F.C.O., les autorités militaires de Moukden ont saisi et apposé les scellés sur les entrepôts commerciaux du chemin de fer, causant à celui-ci un dommage matériel considérable. Les autorités chinoises ont remplacé le personnel des quais du chemin de fer par leurs propres employés. La saisie des biens a été effectuée sans qu'un inventaire eût été dressé. Simultanément, l'ordre a été donné par le représentant de Tchang-Tso-Lin de saisir les écoles du C.F.C.O. Ces mesures ont provoqué la rupture des négociations qui étaient engagées entre la direction du chemin de fer et les autorités chinoises au sujet du contrôle des organes administratifs chinois sur l'activité des écoles.
La déclaration du représentant de Tchang-Tso-Lin, prétendant que le département de l'instruction du C.F.C.O. enfreignait les soi-disant droits administratifs des autorités chinoises est d'autant plus dénuée de fondement que toutes les questions essentielles se rattachant aux écoles étaient réglées avec la participation des Chinois.
La direction du C.F.C.O. augmentait systématiquement les sommes assignées à l'éducation des enfants chinois et projetait d'accomplir de nombreuses réformes dans l'enseignement. La réalisation de ces réformes est actuellement menacée par les agissements des autorités de Moukden.
On ignore toujours le sort d'Ou Pei Fou
Londres, 4 septembre. On est toujours sans confirmation officielle du sort du maréchal Ou Peï Fou, mais le correspondant des North Chinese Daily News à Pékin confirme que le maréchal serait détenu prisonnier par ses propres troupes à bord d'un navire de guerre chinois, et que ses troupes se retirent sur Hankéou où la loi martiale a été proclamée.
250 fusiliers marins japonais ont débarqué et des canonnières anglaises, américaines et japonaises protègent les concessions étrangères.
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