| Le Funi -29 août 1926 |
Les Flâneries de Jacques Bonhomme
Sous l'Arc de Triomphe, une palme nouvelle en bronze s'ajoute maintenant à la collection officielle. C'est l'hommage du Sultan du Maroc au Soldat Inconnu. Histoire ancienne, dites vous. Hé oui! mais il n'est jamais trop tard pour parler de ce que personne n'a encore dit. Les journaux, en substance, nous ont froidement appris ceci : après avoir déposé ladite palme, Moulaï Youssef, bien sagement, s'est fait expliquer la signification de ce geste. Un coup de musique par là dessus, et on passe à un autre genre d'exercices. Ni vu, ni connu.
Seulement le bon peuple qui n'approche pas des coulisses vicieuses de la politique, comprend tout de même ce que parler veut dire... Un geste symbolique, comme celui de ce sultan-polichinelle n'a de valeur que celle qu'on veut bien lui attribuer.
Aussi, lorsqu'un petit bonhomme de monarque vient en pèlerinage place de l'Etoile, le bon peuple a le droit de lui attribuer les paroles d'une scie déjà périmée : Moi j'ai fait ça machinalement, Sans savoir comment…
Pauvre Sultan! Lui, c'est un chef d'Etat, et voilà tout. C'est même un bon type, à preuve que son front s'est rembruni aux paroles de son interprète dit Le Journal Il ne saurait être responsable du coquet impromptu dans lequel il avait son rôle à jouer.
Jusqu'ici, nous avions cru, dans notre candeur naïve, qu'il fallait s'adresser à Gaston Cony pour faire marcher les marionnettes. Son métier à lui est propre et sain. Celui des grand manitous qui vont à l'Arc de Triomphe accomplir un geste réglé d'avance, l'est beaucoup moins.
René RIGAL.
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