| Le Petit Journal illustré - 22 août 1926 |
NOS GRAVURES
Le Tigre rugit à nouveau !...
Depuis 1920, M. Clemenceau vivait en ermite dans une humble propriété de Vendée. Mais, il y a quelques jours, il adressa au Président des Etats-Unis, M. Coolidge, une lettre ouverte sur le problème des dettes de guerre qui eut, dans le monde entier, un retentissement considérable et dont voici un passage choisi parmi les plus émouvants :
«La France n'est pas à vendre, même à ses amis. Nous l'avons reçue indépendante. Indépendante nous la laisserons. Demandez-vous, après le Président Monroe, si vous sentiriez d'autre sorte pour le continent américain.
Si la France devait disparaître sous les coups de ses ennemis et de ses «amis» conjurés, il resterait d'elle un nom de fierté. Qu'avons-nous fait qui ne fût strictement du devoir ? Devions-nous céder nos citadelles à l'Allemagne quand elle nous les demandait sous peine d'une déclaration de guerre ? Quelqu'un se lèvera-t-il pour dire que nous avons fait autre chose que de subir l'inévitable? Verdun alléguerait-il que nous avons mal combattu ?
Oui, nous avons jeté tout au gouffre, le sang et l'argent, comme ont fait, pour leur part, l'Angleterre et les Etats-Unis. Mais c'est le territoire français qui a été scientifiquement ravagé. Trois mortelles années nous avons attendu cette parole américaine: «La France est la frontière de la liberté». Trois années, de sang et d'argent coulant par tous les pores. Venez lire dans nos villages la liste sans fin de nos morts, et comparons, si vous voulez. N'est-ce pas «compte de banque» la force vive de cette jeunesse perdue?
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