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Excelsior - 11 juillet 1926

 


Monnaie frappée à l'effiigie du président des USA

Bloc-notes

Nous voici à la veille du 14 juillet. Il est une catégorie de Français qui, négligeant les émotions des grands débats parlementaires sur les finances qui angoissent tant de gens, ne s'occupent que de leurs petites ambitions personnelles. Seront-ils ou non décorés dans les promotions qui se préparent à l'occasion de la fête nationale? Tout se résume pour eux dans ce point d'interrogation; le reste, équilibre du budget, stabilisation, prélèvement de capital, crise ministérielle, tout passe au second plan.
Vous avez certainement parmi vos connaissances quelque voisin atteint de cette maladie incurable qu'on appelle la «rougeote». Au surplus, il n'y a pas à discuter; on constate cette épidémie et il faut renoncer à la limiter, car elle ne fait qu'augmenter avec le temps; quand le malade a obtenu le ruban, il court après la rosette et, celle-ci conquise, il lui faut la cravate, et ainsi de suite.
N'en a-t-il pas toujours été ainsi depuis la création de l'ordre impérial? Ce qui a varié, c'est la façon de demander et celle de donner.
Ainsi les Souvenirs de Bourrienne nous rapportent cette amusante anecdote dont il fut le témoin :
13 mai
«A la revue de ce matin 1811 un officier des plus anciens de l'armée et que sans doute Napoléon savait avoir oublié, avait adroitement résumé sa juste demande en quatre mots. Mais on lui a prouvé qu'il s'y trouvait encore des longueurs. Le souverain passe au tout petit trot sur le front de bandière, et l'officier, au port d'armes, lui dit : «Quinze campagnes, légionnaire, capitaine.» L'empereur se retourne et répond: «Colonel, commandeur, baron.»
Ce n'était pas très réglementaire, mais c'était singulièrement éloquent dans sa brièveté, et cette scène arracha à un spectateur cette réflexion : «Comment ne vous feriez-vous pas tuer pour cet homme-là, si vous pouvez.» Aujourd'hui, on a d'autres manières de demander et de recevoir des décorations, méritées ou non.

JEAN-BERNARD.

Méthodes modernes
M. Morain pourra bientôt transmettre et recevoir par sans fil tous les signalements de malfaiteurs, avec photographies et empreintes digitales qui lui seront demandées ou qu'il aura sollicités. On installe en effet en ce moment, dans son cabinet, un poste de belinographie qui permet la transmission par fil ou par sans fil de toutes les images. Ce poste aura tout son effet le jour où les grandes capitales seront dotées de postes semblables, capables de correspondre avec lui.

Lîle flottante
On mande de New-York au Daily Mail que le perfectionnement des voyages aériens est recherché par de nombreux ingénieurs américains. L'un d'eux, M. Howard R. Armstrong, vient de suggérer la création d'îles artificielles flottantes au milieu de l'Océan. Ces petits îlots supporteraient des hôtels pouvant abriter vingt-cinq passagers avec leurs bagages. De plus, des phares seraient aménagés sur ces bâtiments et ainsi les avions au-dessus des mers pourraient avoir des points de repère lors des raids nocturnes.

Coolidge en monnaie

A l'occasion de l'exposition sesquicentenniale de Philadelphie, on mettra en vente une pièce d'argent d'un demi-dollar, frappée en commémoration du cent cinquantième anniversaire de la grande République, et portant les deux images de Washington et de Coolidge, le plus ancien et le plus récent des présidents.
Un million seulement de ces pièces sera émis, car cette monnaie jouera le rôle de médaille commémorative et sera vendue un dollar, le double de sa valeur légale, ce qui ne contribuera pas à décider ses détenteurs à la lancer dans la circulation. Le nouveau demi-dollar, dont l'avers porte l'image de la «Liberty Bell» la Cloche de la Liberté a été accueilli dans certains milieux par de vives critiques, car, jusqu'ici, aucune monnaie n'avait porté l'effigie d'un président vivant.

Survivants
Avec les beaux jours, les bons vieux fiacres d'autrefois sortent de leurs remises et s'aventurent dans les rues de la capitale.
Ils s'en vont doucement, prudemment, au petit trot de leurs chevaux si vieux, si maigres, parmi l'océan grondant des automobiles. Leur image, projetée sur l'écran de la vie moderne, évoque toute une époque à jamais disparue et qui semble déjà si lointaine!
Des Parisiens, des vrais, recherchent encore les «sapins» qui ne circulent guère plus qu'au nombre de quelques douzaines. C'est avec un peu d'émotion qu'ils s'installent sur leurs coussins, d'un triste rouge déteint, rappelant le velours fatigué de quelque petit théâtre; et ce n'est pas sans mélancolie qu'ils entendent les vieux ressorts crier, comme l'âme d'un homme sensible, sous le poids d'une désillusion nouvelle...
Les fiacres roulent lentement à travers Paris, sous l'œil débonnaire de cochers pacifiques et pittoresques; ils rouleront, chaque jour plus rares, jusqu'au dernier soir où ils disparaîtront tout à fait, pour toujours, dans la fumée des taxis et dans l'ombre d'un passé mort...

 


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