Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor

 


Journal des débats - 11 juillet 1926

 


La saisie de la marmite... dans la rubrique "Échos"

A L'ÉTRANGER

Allemagne
Les négociations économiques 
avec la France

Le ministre de l'économie publique a fait hier à Düsseldorf, devant la commission de la Fédération générale des négociants allemands, un exposé de la situation économique de l'Allemagne.
Venant à parler de la politique commerciale allemande avec l'étranger, le ministre a déclaré notamment, au sujet des négociations commerciales avec la France, que du côté allemand tout serait fait afin de créer une base de négociation acceptable pour les deux pays, mais, a-t-il ajouté, il faut que le gouvernement français se décide à nous accorder les mêmes facilités que nous sommes prêts à donner sur le marché allemand aux commerçants français. Le ministre a également exprimé l'espoir qu'indépendamment de la conclusion d'un accord partiel, les grosses questions économiques litigieuses entre les deux  pays trouveraient leur solution dans la conclusion d'un traité de commerce de longue durée.

Belgique

Mort du marquis de Villalobar 
ambassadeur d'Espagne
On annonce la mort du marquis de Villalobar, ambassadeur d'Espagne, qui souffrait d'une appendicite et avait dû subir deux opérations chirurgicales en deux jours.
Les Belges se souviennent de l'aide que leur a apportée, pendant la guerre, le marquis de Villalobar, et de ses interventions en faveur de nombreux condamnés à mort.
Le roi s'est rendu hier après-midi à la clinique pour saluer la dépouille du marquis de Villalobar.

Portugal
Nouveau coup d'Etat
La situation politique au Portugal est redevenue tout à fait confuse. L'armée s'est déclarée contre le général Gomes Costa, président de la République, dont elle exige la démission.
Un comité composé de trois généraux et de deux amiraux a été chargé former un cabinet dont voici la composition:
Président du conseil et ministre de la guerre: général Carmona; finances: général Cordes ; intérieur: M. Ribeiro Castanho; justice: M. Manuel Rodriguès; colonies: commandant Joao Bello; affaires étrangères: M. Bettencourt Rodrigues; marine: commandant Jaime Afrixo; instruction publique: M. Teixeira Botelho; agriculture: général Alves Pedrosa; commerce: colonel Passos Sousa.

Pologne
Les accords commerciaux
poiono-allemands 
M. Diamand, député socialiste, délégué de la Pologne pour négocier l'accord commercial polono-allemand, au moment de partir pour Berlin, a déclaré à la presse, qu'il avait l'impression que cette phase des négociations serait la dernière.

D'autre part, dans une interview accordée aux représentants de la presse étrangère, le ministre du commerce et de l'industrie, M. Kwiaskowski, a déclaré qu'il estimait que le traité de commerce doit avoir pour base un compromis; mais il voudrait que l'autre partie le comprenne aussi. Le ministre a déclaré, en outre, que le gouvernement tâchera de faciliter le transit par la Pologne vers la Russie, avec laquelle les échanges commerciaux augmentent toujours.

Société des Nations
Les travaux de la Commission
des communications à la S.D.N.
La commission des communications et transit de la Société des nations se réunira à Genève le 12 juillet, en sa neuvième séance. Elle prendra connaissance des travaux de ses sous-commissions et de ses comités pendant l'année écoulée. Elle examinera, entre autres, l'œuvre accomplie en matière de transports par voie ferrée, de navigation intérieure, de navigation maritime, de circulation routière. Elle passera en revue les résultats de la conférence des passeports, le rapport annuel de la direction du port de Memel et étudiera diverses autres questions inscrites à son ordre du jour, telles que la question de la navigation aérienne et les questions d'ordre télégraphique et radiotélégraphique. Enfin, elle s'occupera de la prochaine convocation de la conférence générale des communications et du transit.

Un succès français à Genève
On fait remarquer à propos des premiers travaux de la commission militaire pour la préparation de la conférence du désarmement, que la France a remporté dans ces débats, un grand succès.
Toutes les thèses françaises touchant, soit la définition du désarmement, soit la détermination des armements défensifs et offensifs, soit les moyens de comparaison entre les diverses puissances militaires, soit surtout la prise en considération du potentiel de guerre pour chaque pays, ont reçu finalement l'approbation de la majorité des représentants militaires des Etats réunis à Genève.
Seule sur quelques-uns des points en discussion, non des moindres, il est vrai, l'opposition de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et de l'Allemagne s'est manifestée et a fait l'objet d'un rapport de minorité.
Par contre, la plupart des Etats continentaux ont suivi la délégation française dans son souci de lier constamment la question de la sécurité à celle du désarmement; c'est là un point qui prouve le succès des directives de la politique française dans l'ordre international et en particulier de M. Paul-Boncour, qui, en ces matières difficiles n'a cessé de plaider en faveur des thèses qui viennent de l'emporter.

Syrie
La mission du patriarche Mgr Mogabgad
à Paris
On mande de Beyrouth que Mgr Cyrille In Mogabgad, patriarche grec catholique d'Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem, a pris congé du pape pour se rendre à Paris. Dans les milieux du Vatican, on croit savoir que le  patriarche se rend à Paris pour converser avec le gouvernement français sur les problèmes syriens qui intéressent particulièrement les ressortissants de l'Eglise grecque melchite. Après les événements de Damas et la révolte des Druses, le nouveau patriarche a transféré son siège temporairement à Beyrouth, mais il est très désireux de pouvoir s'installer avec son clergé à Damas, qui est le siège traditionnel du patriarcat. Après avoir accompli sa mission à Paris, Mgr Mogabgad rentrera en Syrie.

ÉCHOS

La saisie de la marmite. 
Au début du dix-huitième siècle, il y avait déjà des contribuables qui refusaient de payer l'impôt et il y avait aussi des huissiers pour les contraindre. Dans l'Auvergne littéraire, M. J. L. B. donne un exemple topique en citant des inconvénients résultant de la mauvaise volonté et de l'obstination tenace d'un laboureur de la paroisse d'Auriac.
Cet excellent homme s'était mis dans la tête de ne point débourser sa part de taille et il avait fait connaître, le 15 décembre 1724, qu'il n'en démordrait pas, bien que cette part fût, minime; quarante-quatre livres. Le premier consul d'Auriac, s'étant heurté à cette déclaration catégorique, fit alors appeler le «sergent» immatriculé de Molompize et lui donna mission de sévir.
Jehan Vigier, bien et dûment mandaté, s'en vint donc au village, se présenta avec des témoins au domicile du délinquant, et, l'ayant rencontré, lui fit sommation en bonne forme de s'acquitter de la somme à lui imputée «en vertu des rôles des tailles, impositions faites et imposées... sinon et faute de ce faire, il allait procéder par saisie exécution sur les biens meubles».
Le paysan ne broncha pas en entendant ce langage. Il dit simplement «ne pouvoir payer, mais ne vouloir empêcher la dite exécution, ni vouloir y assister pour nommer les objets».
L'huissier n'avait plus qu'à continuer d'instrumenter. Pour cela, il aurait désiré s'entourer des voisins du saisi; aucun d'eux ne consentit à lui prêter assistance ni même à lui indiquer son nom. Vigier dut se contenter des témoins amenés de Molompize. Avec eux, il pénétra dans la maison du cultivateur, et, «de la part du Roi», il y prit neuf livres de laine. prête à filer et aussi une marmite de fer pesant environ 25 livres, immédiatement et d'autorité consignées entre les mains d'un habitant du village, avec intimation expresse de ne s'en dessaisir que par justice «sous peine d'en être responsable sur ses biens et sa personne...»
La saisie de la marmite était le fait d'un psychologue averti et d'un observateur de la vie rurale. Sans marmite, en effet, comment subsister? Nous pensons que ce geste fit plus pour vaincre le réfractaire que tous les grimoires des chicanoux de Sa Majeste. 

U. R.

Paris-Dieppe. 
Le grand attrait de la mer attire les Parisiens à Dieppe, plage la plus proche de Paris. Aussi, les samedi et dimanche, grande animation au Casino.

Pour un monument au vicomte de Chardonnet, inventeur de la soie artificielle. L'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon, fondée en 1752, a pris l'initiative d'élever à Besançon une statue à M. le vicomte de Chardonnet, chimiste et physicien français, membre de l'Institut, dont il convient de perpétuer la mémoire à titre de fondateur d'une industrie devenue mondiale, celle de la soie artificielle.
Né à Besançon en 1839, il suivit dans sa ville natale les cours de la Faculté des sciences et il entra, en 1859, à l'Ecole polytechnique. Peu après son mariage avec Mlle de Ruolz (la nièce de l'inventeur qui a donné son nom à la dorure galvanique), il vint se fixer à Besançon, où il se livra à de nombreux travaux qui lui ouvrirent les portes des sociétés savantes de la région et finalement de l'Académie des sciences. Mais la partie la plus considérable de son œuvre est l'invention de la soie artificielle, à laquelle, pendant plus de trente ans, il consacra toute son activité. C'est en 1890 que fut fondée, à Besançon, la première usine; aujourd'hui plus de 300.000 ouvriers et ouvrières sont occupés, en France, en Allemagne, en Italie, à produire le fil de soie artificielle qui entre dans la confection de nombreux tissus pour le vêtement et l'ameublement. C'était donc, après des débuts difficiles, l'incontestable prospérité, et le vicomte de Chardonnet eut la joie d'en suivre les étapes jusqu'à sa mort, survenue en mars 1924. 
Le Comité d'honneur comprend les ministres de la guerre et du commerce, le préfet du Doubs, les parlementaires du département et le maire de Besançon, le bureau de l'Académie des sciences, MM. le recteur Alengry, le médecin inspecteur Richard, président de l'Académie de Besançon, Louis Villat, président de la Société d'émulation du Doubs, etc.

 


  retour 11 juillet 1926