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L'Œuvre - 04 juillet 1926

 


Cinéma : Michel Strogoff. Un film réalisé par Victor Tourjansky

Derrière l'écran

"Michel Strogoff"
Voici un nouveau film français appelé à un grand retentissement: Michel Strogoff, qui vient d'être présenté à l'Empire.
L'œuvre de Jules Verne a trouvé sur l'écran une expression nouvelle. Ce que le théâtre n'avait pu donner, le cinéma l'a rendu avec intensité. Hors du champ borné de la scène, Michel Strogoff se développe parallèlement au roman, au cours d'images merveilleuses que M. Tourjansky, le metteur en scène du film, a réunies avec un sens parfait du rythme cinématographique.
Michel Strogoff est interprété par des acteurs de grande classe, en tête desquels se trouve M. Ivan Mosjoukine, dont le talent puissant n'est plus à louer; Mme Nathalie Kovanko est l'interprète de Nadia Fegor; Mme Jeanne Brindeau incarne la mère Marfa; M. Chakatouny dans le rôle d'Ivan Ogareff; MM. Henri Debain et Gabriel de Gravone dans ceux de Blount et de Jolivet, comptent parmi les principaux interprètes du film, qui sera un des grands succès de la saison prochaine.

Quelques films
Deux films nouveaux sont présentés cette semaine au public parisien:
—Détresse, réalisé par D.-W. Griffith, où l'on retrouve l'art et la manière de l'animateur de La Rue des Rêves et du Lys brisé. Mlle Carol Dempster, actrice au charme curieux, en est l'interprète.
—Les aventures du prince Achmed, film entièrement composé d'ombres chinoises, ce qui nous vaut une évocation remarquable d'un conte fantastique.

A. N.

Petites nouvelles de l'écran
x On construit en ce moment, à Joinville, pour M. Luitz-Morat, un décor grandiose, Entre temps, le metteur en scène et ses collaborateurs recherchent avec soin, dans Paris, les rues où seront tournées des scènes situées par Eugène Süe, vers 1830. Et il n'est pas si facile qu'on peut le penser de trouver des sites parisiens ayant conservé leur aspect du temps de Louis-Philippe. Pour un metteur en scène qui doit encadrer des scènes de son film dans le vieux Paris l'expression «tomber sur un bec de gaz» n'est pas un vain mot. Tout de même, à force de patience et d'ingéniosité, les réalisateurs du Juif Errant parviendront à leurs fins et le public, en admirant un film où la vérité a été serrée d'aussi près que possible, ne se doutera pas de toute la peine qu'li aura coûté.
x Germaine Dulac qui adapte à l'écran pour la Société des Cinéromans la célèbre pièce de Romain Coolus: Antoinette Sabrier, dont on sait qu'elle dégage une émotion puissante et une parfaite connaissance du cœur humain, poursuit activement la réalisation de ce film.
Revenue d'un voyage à Londres, qui fut particulièrement mouvementé; Germaine Dulac a commencé, cette semaine, à tourner certains extérieurs dans des paysages particulièrement évocateurs.
L'intérêt et l'attrait de ces paysages résideront également dans le fait qu'ils seront exactement adaptés au caractère et aux sentiments des divers personnages qui y évoluent. 
× Ces derniers temps, le metteur en scène des Larmes de Colette a exécuté certains tableaux charmants de mouvement et de fraîcheur et qui nous montrent le premier contact de Colette avec l'école et ses nouvelles camarades. Il s'agissait de courir et de jouer dans une cour et les petites filles de l'école de Joinville tinrent leur rôle avec d'antant plus de naturel qu'elles y trouvaient du plaisir. Plusieurs montrèrent à la «nouvelle», autrement dit la jeune Colette, qu'elles ne se laissaient pas éblouir par sa qualité de «Pa- risienne». C'est laisser penser que les premiers rapports furent orageux et lorsque la maîtresse, dont Mlle Barry campe une silhouette anguleuse et rêche à souhait, dispersa d'un geste, menaçant, accompagné de paroles énergiques, tout le groupe des petites harpies acharnées sur leur proie, la petite Colette demeura sur le gravier tout étourdie.
× A la suite du referendum annuel du journal Mon Film et les Associations des «Amis du Film Français», Mlle Lucienne Legrand et M. Jean Angelo ont été élus reine et roi du cinéma français pour 1926. Les secondes places échurent à Mlle Sandra Milowanoff et à M. Gabrio, les deux interprètes des Misérables.
X La Société des Auteurs de Films donnera son prochain dîner le 6 juillet, en l'honneur de la promotion dans la Légion d'honneur de MM. Henri Fescourt, Louis Nalpas, Léon Poirier et Henry Roussel.

 


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