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La Dépêche -27 juin 1926

 


La Dépêche -27 juin 1926 Les faits divers de La Dépêche

FAITS DIVERS

Un ouvrier mortellement blessé à la Poudrerie. —L'ouvrier Julien Anno, demeurant 113, avenue de Muret, travaillait depuis quelque temps à la Poudrerie nationale, pour le compte de l'entreprise Zublin. Dans l'après midi d'hier, il était occupé à faire du béton dont on se servait pour la toiture d'un hangar d'une trentaine de mètres de hauteur. La bétonneuse à laquelle il était employé était installée sur le sol, au pied du hangar; elle était surmontée d'un abri en planches qui protégeait à la fois la machine et l'ouvrier.
Vers deux heures trente de l'après-midi, Anno, voulant s'assurer que le wagonnet, rempli de béton, était bien arrivé au-dessus du monte-charge, s'était penché en dehors de l'abri. Au moment où il regardait vers le sommet du hangar, une «chandelle». sorte de rondin de sapin, de dix centimètres de diamètre et de un mètre vingt de long, échappée des mains de deux ouvriers charpentiers qui travaillaient à une hauteur de vingt-deux mètres, lui tomba sur la tête, le blessant grièvement.
On s'empressa auprès de lui et on le transporta dans une voiture automobile de l'entreprise à l'Hôtel-Dieu, où il est mort, vers trois trois heures, en arrivant.
Le docteur Frézières, appelé à examiner le cadavre, n'a relevé sur lui ni fracture ni blessure pouvant expliquer la mort. Il semble donc probable que l'ouvrier a succombé à une hémorragie cérébrale occasionnée par la violence de la commotion.
I'enquête est ouverte pour établir les responsabilités de cet accident. Julien Anno, qui était originaire du Morbihan, était âgé de 28 ans. 

Un drame du revolver. —Une femme divorcée qui, depuis quatre ans environ, entretenait des relations intimes avec un de ses colocataires marié, s'étant aperçue, depuis un mois, que son ami se détachait d'elle de plus en plus et ne cherchait qu'une occasion de rompre. Dans une maison où elle se rend tous les jours pour faire le ménage, elle eut dernièrement l'occasion de trouver à portée de sa main un revolver à cinq coups dont elle s'empara dans l'intention de mettre fin à ses jours si elle ne réussissait pas à garder l'affection de l'ouvrier.
Les deux amants continualent à se voir, tous les soirs, entre neuf heures et onze heures, dans les parages de la place Dupuy, mais leurs rendez-vous ne se passaient plus sans discussions parfois très vives. Hier soir, vers dix heures trente, la querelle devait être particulièrement violente et faillit même finir de façon tragique. Mis au pied du mur, l'ouvrier déclara, en effet, qu'il en avait assez, que cette situation ne pouvait durer, d'autant que sa femme commençait à avoir des soupçons. Voyant que toute résistance serait inutile, affolée, la femme sortit le revolver de son corsage et fit feu à trois reprises sur son ami. qui fut atteint au poignet droit d'une blessure en séton et au-dessus du coude gauche d'une balle qui alla se loger sous la peau, sans occasionner de troubles fonctionnels. Retournant ensuite l'arme contre elle-même, elle se visa à l'abdomen mais le projectile glissa sur les vêtements sans la blesser. Décidée à se donner la mort, elle enjamba le parapet du port Saint-Etienne pour se jeter dans le canal, mais elle en fut empêchée par un passant.
Les pompiers de poste voisin la désarmèrent et la gardèrent pour la remettre quelques instants après entre les mains des agents cyclistes qui accompagnaient M. le commissaire Sacaze venu pour procéder à une enquête.
Le blessé a suivi son amie à la Permanence où un pansement lui a été fait par le docteur Améric: il a été ensuite transporté à l'Hôtel-Dieu rour l'extraction du projectile à laquelle il a été procédé immédiatement par l'interne de service.
Des témoignages recueillis par M. Sacaze, il semble bien résulter que les explications fournies par la femme d'après lesquelles elle n'aurait pris un revolver que pour se suicider en cas de rupture sont parfaitement sincères. L'ouvrler a d'ailleurs énergiquement refusé de porter plainte. Le commissaire n'en a pas moins gardé l'auteur de cette tentative de meurtre pour le mettre, ce matin, à la disposition du parquet, sous l'incupation tout au moins de port d'arme prohibée. 

Les jeux clandestins. Le chef de la Sûreté, à la tête de quelques agents de son service, a fait une descente de police dans un café du centre de la ville où plusieurs clients jouaient au jeu de la poule. Les enjeux s'élevant à deux cents et quelques francs été saisis ainsi que le billard, les ac cessoires du jeu et l'ameublement de la salle. Après vérification de leur identité, les joueurs qui avaient été conduits à la Permanence ont été relâchés et procès-verbal a été dressé contre le tenancier. Le parquet a chargé M. le juge d'instruction Bruguière d'ouvrir une information relative à cette affaire de tenue de jeux de hasard.

Des cambrioleurs se retirent avec un parapluie, —En se levant, hier matin, à sept heures, M. Jules Grolard, typographe. rue Auber, 16, a trouvé grande ouverte la porte de sa maison et a constaté dans le vestibule la disparition d'un parapluie, marque Revel, en silésienne, à poignée recourbée jaune, d'une valeur de quarante francs. M. Grolard avait entendu, pendant la nuit, vers deux heures du matin, un bruit insolite. C'est sans doute à cette heure-là qu'ont dû opérer les malfaiteurs qui avaient vraisemblablement pénétré à l'aide de fausses clés. 

Perte ou vol, —M. Ernest Delbosc, marchand de meubles et d'antiquités, 6, rue d'Aubuisson, a constaté, hier matin, la disparition de son porte-feuille qu'il avait l'habitude de placer dans celle des poches du pantalon, appelée poche du revolver. Il ignore si le portefeuille lui a été dérobé ou s'il l'a perdu. Une quinzaine de mille francs y étaient renfermés. dont une liasse de dix billets de mille, ainsi que diverses pièces d'identité, une carte de circulation sur les chemins de fer, un permis de conduire en automobile, etc.

Une consultation qui revient cher, —Un mouleur sur métaux, M. Guilhem, demeurant, 25, rue du Béarnais-prolongée, s'était rendu à bicyclette, hier après-midi, chez un médecin, pour une consultation. En arrivant, il avait déposé son vélo dans la cage de l'escalier. Un quart d'heure après, quand il sortit du cabinet du docteur, c'est inutilement qu'il le chercha, un filou s'en était emparé.

La lampe du plombier, —Pendant que le plombier-zingueur Edouard Boyer, demeurant, 65, allées Jean-Jaurès, travaillait, hier matin, dans un immeuble de la rue de Metz, on lui a dérobé une lampe à souder, d'une valeur de 70 francs, qu'il avait laissée dans la cour

Trouvée morte. —La dame veuve Louis Fortuné, àgée de 75 ans, a été trouvée morte dans l'appartement où elle vivait seule, place du Peyrou, 3. Le docteur Frézières, appelé à constater le décès, a conclu à une mort naturelle.
Foire aux chevaux, —Il a été conduit, hier, sur le champ de foire des allées Charles-de-Fitte, 47 chevaux et 7 ânes.

 

 


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