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Excelsior

 


 

Excelsior 1926_21 Aristide Briand reconduit par Gaston Doumergue   Excelsior 1926 06 21 Discours d'Aristide Briand   Excelsior 1926 26 21 Discours de Joseph Caillaux  

 Escelsior 1926 06 21 Discours de Raymond Poincaré   Excelsior 1926 06 21 Discours d'Edouard Herriot

 

 

 


  retour 27 juin 1926    

LES PHASES DE LA CRISE

Les refus qui empêchèrent M. Herriot de mettre sur pied sa combinaison.

C'est après une journée et une nuit d'entretiens que M. Herriot s'est déterminé hier matin à abandonner ses négoctiations en vue de, la constitution d'un cabinet. Nous avons fait savoir dans notre numéro d'hier que tard dans la soirée de samedi à dimanche M. Bokanowski avait quitté l'hôtel de la présidence et déclaré qu'il n'avait pu se mettre d'accord avec M. Herriot sur certaines questions de méthode.

Le refus de M. Bokanowski

Après plusieurs échanges de vues, M. Herriot avait accepté les solutions proposées par M. Bokanowski pour le problème financier. Il avait toutefois insisté pour l'adoption d'autres mesures de manière à constituer un ensemble susceptible d'être accepté par les radicaux socialistes. Sur ce point, l'accord paraissait difficile.
Mais, d'autre part, M. Bokanowski estimait que le nouveau cabinet devait, le jour même de la déclaration ministérielle, et avant toute interpellation, présenter aux Chambres, en posant la question de confiance, un projet de loi en huit ou dix articles marquant les voies nouvelles dans lesquelles on s'engageait. Ce projet devait être voté le jour même.
M. Herriot, qui avait paru tout d'abord entrer dans les vues de M. Bokanowski, formula des objections sur ces méthodes. C'est dans ces conditions que M. Bokanowski se retira.

Les conversations continuent 

Cependant, les conversations poursuivaient au Palais-Bourbon entre MM. de Monzie, Romier, Chautemps, Dumesnil, Pietri, Pasquet, Malvy et Sergent, président du comité des experts.
:
D'autres hommes politiques arrivèrent M. Georges Bonnet, M. Champetier de Ribes, député, membre du groupe des démocrates, mandé à 4 heures du matin par téléphone.

(Suite page 3, colonne 1)

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M. Malvy partit à 5 heures, en annonçant qu'à son avis «le ministère allait être assez rapidement formé ».

L'ÉCHEC DE LA COMBINAISON HERRIOT

Le député du Lot était trop optimiste. En effet, vers 7 heures, M. Piétri se retira à son tour, avec M. Romier; tous deux refusaient l'offre de collaboration ministérielle.
MM. Piétri et Romier, que venait de rejoindre M. Champetier de Ribes, ajoutèrent que M. Herriot, en présence de leur refus, renonçait à constituer le cabinet.
Le président de la Chambre, en effet, se rendit à 7 h. 25 à l'Elysée et s'entretint pendant une demi-heure avec le président de la République.

M. Herriot expose les motifs de l'échec

En sortant, il fit aux membres de la presse les déclarations suivantes :
— Après avoir reçu la mission de former un cabinet, j'ai, conformément au vœu exprimé par le groupe de la gauche démocratique du Sénat et le groupe radical et radical socialiste de la Chambre, tenté de constituer un ministère d'union républicaine de gauche.
Dans cette intention, j'ai consulté les différentes personnalités financières qui pouvaient me fournir des renseignements de nature à me permettre de préciser le programme du gouvernement.
Je me suis attaché à établir les bases d'un plan efficace de restauration financière, et monétaire ménageant les intérêts légitimes des diverses catégores de citoyens sans laisser accabler le travail. Ce programme admettait, par exemple, des simplifications fiscales, des atténuations sur divers impôts excessifs qui peuvent atteindre certaines catégories de revenus élevés, mais, our l'amortissement de la dette réclamait au profit d'une caisse de liquidation des ressources exceptionnelles, soit aux successions, soit à la richesse acquise, de façon à répartir cette dette. La stabilisation monétaire avait été également admise comme un élément essentiel de ce programme.
Au cours de ces négociations, je me suis attaché constamment à maintenir ce caractère au programme sur lequel je cherchais à réaliser l'union des républicains de gauche.
Après avoir défini les principes, qui, dans ma pensée, devaient être, posés pour orienter le travail technique des experts, j'ai commencé mes consultations de personnes et décidé du choix de mes collaborateurs.

Le choix des collaborateurs

Sur les grandes lignes de ce programme, je me suis mis d'accord avec M. Pietri, qui avait bien voulu accepter, le portefeuille du budget, et M. Lucien Romier, qui avait accepté le portefeuille du Trésor. Le même accord n'a pu s'établir avec M. Bokanowski, au cours de plusieurs conversations, en raison d'oppositions de méthodes et de divergences dans l’appréciation des résultats à attendre de certaines mesures.
Poursuivant mes entretiens, j'ai prié M. Champetier de Ribes, membre du groupe des démocrates, d'accepter le ministère des Pensions, pour marquer le caractère de large union républicaine que je me proposais de donner au ministère.
M. Champetier de Ribes, en rendant hommage au témoignage d'union que je donnais, n'a pas cru pouvoir accepter, en raison de la situation parlementaire. Le refus de M. Champetier de Ribes ayant entraîné les refus de MM. Piétri et Homier, les autres collaborateurs que j'avais déjà réunis et moi, nous avons estimé que la tâche que nous nous étions assignée devenait impossible dans les conditions envisagées.
Je suis allé en informer le président de la République.

Nous pouvons ajouter qu'au cours des pourparlers qui occupèrent la journée de samedi, M. Herriot et les hommes politiques qui devaient être ses collaborateurs dans la combinaison ministérielle envisagée avaient été unanimes à considérer que le programme d'assainissement financier et de relèvement du franc comportait en première ligne le règlement des dettes françaises par la ratification de l'accord de Washington et la conclusion d'un arrangement avec le gouvernement britannique.

M. POINCARE INAUGURE LE MONUMENT DE VAUQUOIS
«Puisque nous n'avons jusqu'ici, entre nations, ni justice obligatoire, ni gendarmerie, ni police, les meilleurs et les plus pacifiques doivent rester forts.»

VAUQUOIS, 20 juin. Aujourd'hui a eu lieu l'inauguration du monument élevé à la mémoire des morts des 9° et 10° divisions, tombés héroïquement.
M. Raymond Poincaré a prononcé, à cette occasion, un émouvant discours dans lequel, après avoir retracé les exploits des glorieux défenseurs du village de Vauquois et affirmé que nous n'avions fait qu'une guerre de légitime défense sur notre sol envahi, il a ajouté:
— Rien de mieux, certes, que d'aimer la paix, de la prêcher au monde et même, si l'on veut, de systématiser et d'élever à la hauteur d'une doctrine cet amour naturel et instinctif. L'idéal serait, j'en conviens très volontiers, que toutes les nations de l'univers fussent assez fermement attachées à la paix pour n'avoir plus jamais les moindres velléités de guerre, comme l'idéal serait dans la vie sociale, que les individus placides ne fussent point exposés à rencontrer sur leur chemin des individus colériques. Mais quand a-t-il suffi d'avoir bon caractère pour réformer, par le seul exemple, le caractère d'autrui ? Et puisque nous n'avons jusqu'ici, entre nations, ni justice obligatoire, ni gendarmerie, ni police, les meilleurs et les plus pacifiques ne sont-ils pas obligés de rester forts, pour éviter, et pour repousser, le cas échéant, les coups dont ils seraient menacés ?
Or, rester fort, est-ce seulement avoir des troupes bien entraînées, bien équipées, bien outillées? Est-ce s'appuyer exclusivement sur une force matérielle el inanimée ? Non, c'est aussi, c'est surtout avoir foi en la France, la vouloir libre et prospère, l'aimer dans son passé, la servir dans son présent, veiller jalousement à son avenir; c'est considérer qu'elle ne saurait être amoindrie sans qu'il en résultât un abaissement de l'humanité : c'est lui donner à elle-même. par conséquent, pleine conscience de sa valeur, de son rôle et de ses devoirs; c'est lui interdire de se décourager, de s'abandonner et de se démettre; c'est lui apprendre à se connaître, à s'estimer et à ne point déroger.

M. CAILLAUX PARLE
DE LA SITUATION FINANCIÈRE

Partisan de la stabilisation monétaire, il déclare que «nous devons nous discipliner, produire plus et consommer moins et faire confiance à l'Etat».
M. Joseph Caillaux, ancien président du Conseil, s'est rendu hier à Douillet-le-Joly (Sarthe). Il a présidé la réunion du comité radical du canton de Fresnay (Sarthe). Au banquet, il a prononcé un grand discours sur la situation financière: 
«La situation financière est grave, très grave même ! Nous devons cependant la surmonter, si nous la regardons en face sans nous payer de mots», a dit tout d'abord M. Cail- laux,
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Il a aussitôt ajouté:
— La véritable maladie dont nous souffrons, voyez-vous, c'est le laisser-aller, c'est la facilité, c'est l'égoïsme pour tout dire, qui nous empreint tous plus ou moins, qui nous éloigne de l'esprit de sacrifice et de l'esprit de discipline.
Que chacun de nous rentre en lui-même! Ne sommes-nous pas, les uns et les autres, tentés de réclamer des avantages particuliers pour nos collectivités, pour ceux qui nous touchent sans avoir grand cure de l'intérêt national, sans songer que la guerre a passé ? Et dans la gestion de l'économie privée, n'agissons-nous pas avec une forte déraison, avec cette déraison qui méconnaît les réalités pour n'envisager que ses désirs ?
Les agriculteurs qui m'entourent me démentiront-ils si j'avance que, vaguement préoccupés de la situation générale, ils sont bien plus attentifs aux prix auxquels ils vendent leurs produits? Ils se disent que jamais leurs pères n'auraient rêvé semblable. fortune. Alors, pourquoi se priver? Pourquoi ne pas dépenser largement? on n’en mettra pas moins en fin d’année, de beaux billets, des billets de banque de 1926, dont on ne se pose pas là question de savoir si ils suffiraient, au cas où le cheptel viendrait à disparaître, à pourvoir à son remplacement, comme l'eussent fait les billets de 1914. 
Les commerçants que je vois autour de moi ne sont-ils pas, de leur côté, enclins à croire que, faisant facilement des affaires, ils n'ont pas besoin d'apporter la même sévérité que leurs pères dans la dépense de tous les jours ? L'inventaire est favorable, et combien ont souci de rechercher la qualité du bénéfice qui s'en dégage; combien se demandent si les billets à valeur appauvrie, qui figurent dans la caisse permettraient de reconstituer le stock en magasin ? La situation de bon nombre va de la sorte en s'effritant sans même qu'ils s'en doutent. Du petit au grand, partout la même habitude !

Produire plus et consommer moins

M. Caillaux dénonce l'illusion trompeuse qui fait croire que quelques mesures passagères peuvent conjurer le mal dont nous souffrons. Certes, la situation n'est pas irrémédiablement compromise, mais il faut s'atteler d'urgence à la tâche pour la rétablir.
— Cette tâche est double. Nous devons travailler. J'entends produire davantage. Comment ? me dira-t-on. En tirant meilleur parti de notre sol dont nous pouvons obtenir un rendement supérieur -de remarquables articles d'un économiste, M. Georges Boris, l'ont prouvé- surtout en mettant en œuvre notre empire colonial.
Nous devons aussi consommer moins, consommer moins de produits achetés à l'étranger. Une politique de restriction s'imposera.
Elle sera d'ailleurs imposée si on ne se décide à la pratiquer volontairement. La hausse des prix, qui sera consécutive à la baisse de la monnaie, forcera chacun à se restreindre. Elle conduira la nation à expier ses illusions. On expie toujours ici bas, en politique comme dans la vie.
J'entends l'objection: c'est une politique à longue échéance. Je l'accorde.

L'ancien président du Conseil affirme ensuite que «le fond de la question, c'est la restauration monétaire». Et sur la stabilisation du. franc, il s'exprime ainsi :
— J'entends une première objection: comment penser à stabiliser le franc tant qu'il est au cours que nous voyons? Réponse: Préférez-vous attendre que la livre ait encore monté de je ne sais combien de points? Figurez-vous bien qu'une monnaie en dépréciation trouve des forces irrésistibles pour triompher de toutes les mesures qui ne touchent pas au fond même du problème. Ne savez-vous pas aussi que le public s'affole devant la baisse continue d'une valeur ?
Voici une deuxième objection, plus sérieuse l'opération de stabilisation est très délicate, dangereuse même l'exemple de nos voisins belges le prouve - parce que du moment où elle ne résulte pas de la nature même des choses, du moment où elle ne consiste pas à légaliser un état de fait, elle peut être bousculée par les événements économiques. Il faut que des crédits extérieurs renouvelés et prolongés la soutiennent. Pleinement d'accord une fois de plus. Aussi ne peut-il être question de rien faire sans études préalables, sans préparation réfléchie, sans le concours, de tous les citoyens indistinctement, enfin sans s'adosser à d'autres peuples. Est-ce possible? Chacun ne voit-il pas en France et ne doit-il voir en Europe qu'il n'est pas de moyen, pour les peuples de l'ancien continent, d'échapper aux conséquences de la tourmente, sinon de se rapprocher, de se concerter, de réaliser dans l'ordre financier et dans l'ordre économique ce qu'ils tentent dans l'ordre politique ?

Et puis, n'y a-t-il pas lieu de penser que les capitaux des nations heureuses -je n'ai pas besoin de les désigner- nous soutiendraient sans qu'il puisse en découler pour nous un vasselage qui serait insupportable du moment où nous donnerons des preuves tangibles de notre volonté de redressement ? 
M. Caillaux poursuit dans les ter- mes suivants :
— Mais comment notre volonté de redressement pourra-t-elle, devra-t-elle se manifester? Nous discipliner nous-mêmes. Faire confiance à l'Etat. L'aider dans les opérations de crédit qu'il devra entreprendre, mieux que nous ne l'avons aidé l'an dernier. J'ajouterai: essayer, chacun dans notre sphère, de rendre plus efficace la production de la nation en même temps que de modérer notre dépense. Nos devoirs, maintenant, à nous autres parlementaires? Transformer nettement nos méthodes de travail; collaborer sans arrière-pensée à l'œuvre entreprise par ceux qui gouverneront demain ou après-demain, à la condition qu'ils apportent un programme positif, réfléchi, adapté aux exigences de la réalité.
A la condition aussi que les gouvernements disciplinent notre finance où il est intolérable que s'ébauchent des féodalités, où il est inadmissible que se constituent des Etats dans l'Etat prétendant à dominer, à régenter la nation, à dicter leurs volontés aux pouvoirs publics.

Les réformes à réaliser 

Le sénateur de la Sarthe conclut en soulignant les grandes réformes. à accomplir:
— Dans l'ordre des lois militaires, dans l'ordre de l'instruction, dans l'ordre de notre législation civile, pénale est-il rien de plus désuet que nos codes ? - que de refontes à entreprendre ! J'entends que ces rénovations auxquelles j'ajoute la transformation de l'habitat ouvrier, la lutte contre l'alcoolisme, que j'aurais dû placer en tête, comme elles devraient figurer au premier rang de tout programme démocratique et il va de soi des assurances sociales complétant le réseau des lois ouvrières, j'entends, dis-je, que toutes ces réformes sont exclusives de l'esprit de passion et que, s'il faut en croire Saint-Evremont «les affaires se font par des hommes que la passion emporte plus souvent que la politique ne les conduit». Mais un grand parti comme le nôtre se doit à lui-même d'infliger un démenti à la parole de l'écrivain du dix-septième siècle. Il lui faut apprendre à se dominer. Il lui faut apprendre que, à certains moments, il court le risque de perdre les leviers de commande quel dommage il en résulterait pour la France, pour l'Europe, pour la civilisation! s'il n'apparaît comme le conducteur du peuple, ne sacrifiant. sans doute rien de ses idées, de ses aspirations, cherchant sans se lasser à incorporer sa doctrine dans les réalités, mais sachant faire confiance au temps, sachant s'adapter aux possibilités, restant avant tout et par-dessus tout constamment inscrit au service de la nation à laquelle il peut, il doit apporter des directives de fermeté, d'énergie, que, à l'heure où je parle, le pays tout entier attend avec angoisse, réclame avec passion.

Ce que dit M. Aristide Briand
Hier soir, un peu avant dix-neuf heures, M. Aristide Briand a d'ailleurs reçu les représentants de la presse dans son cabinet.
Souriant, visiblement très satisfait, le président du Conseil fit, sur un ton enjoué, les déclarations suivantes :
— Je me suis occupé aujourd'hui de questions financières. J'ai reçu des techniciens, le gouverneur de la Banque de France, M. Robineau, les experts: MM. Sergent, Rist Jèze.
J'ai déjà envisagé quelques éléments pour la formation de mon cabinet. Toutefois je ne le formerai que demain matin.
— Et ce soir ?
— Je ne suis pas partisan du travail de nuit. On n'y voit pas clair.
— Quand pensez-vous en avoir terminé ?
— Je voudrais terminer demain matin. Ma pensée du moins est d'y parvenir. En tout cas, j'aurai les principaux éléments de mon cabinet.
— Sur quelle base comptez-vous former votre ministère ? Union nationale ?

— Vous savez bien que ce n'est pas possible, car certains groupes refusent d'y participer.
— Mais il y a des hommes que l'on peut prendre dans ces groupes?
— Oui, mais il faut pour cela que leur groupe leur laisse une certaine liberté. Et cela se voit de moins en moins.
— Prendrez-vous, par exemple, quelqu'un dans le groupe de M. Louis Marin?
Un silence.
— Non, je ne veux rien vous dire là-dessus ce soir. En tout cas, l'union nationale doit comprendre tout le monde. Et il suffit qu'un groupe se refuse à y entrer pour qu'elle devienne irréalisable.
— Alors, concentration ?
Ce que je veux faire, c'est un ministère de concentration républicaine, comme celui, par exemple, que M. Herriot a tenté de faire cette nuit. Cette formule me laisse un large champ d'action et n'est pas en contradiction avec les majorités qui m'ont soutenu jusqu'ici.
Demain, vous saurez si je suis capable de former mon dixième ministère. C'est très possible.
Et M. Briand, de plus en plus souriant, ajoute sur un ton. de plaisanterie:
— Il est bien possible que je réussisse, quoique l'on fasse courir sur mon compte bien des bruits, que l'on répande bien des légendes. Par exemple, que je suis paresseux. Or, depuis vingt ans, j'essaye de me donner des distractions et je n'ai jamais le temps. On a raconté aussi que j'étais un enragé pêcheur à la ligne. Or, c'est aujourd'hui l'ouverture: voyez à quelle pêche je me livre, On a même dit que j'étais extrêmement fatigué, presque moribond. C'est faux: je n'arrive pas à mourir,
Comme on lui pose une dernière question au sujet de la présentation du nouveau cabinet à la Chambre. M. Briand répond, en riant franchement :
— Pas avant jeudi car mardi est trop rapproché. Et puis, c'est toujours autant de pris.
Ajoutons que M. Briand recevra ce matin de bonne heure M. Poincaré.