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L'Action Française - 20 juin 1926

 


L'Action française 1926 06 20 Les évêques se font entendre

LA PERSECUTION RELIGIEUSE
Trois documents épiscopaux

Le tribunal correctionnel d'Autun vient de rendre son jugement, ou plutôt, puisque ce dernier mot comporte l'idée de justice, son verdict, dans les poursuites intentées il y a bientôt un an contre plusieurs catholiques, à l'occasion de la procession de la fête Saint Lazare. Deux catholiques sont condamnés, avec de graves dépens. Mgr Chassagnon, évêque d'Autun, dans une lettre aux catholiques de sa ville épiscopale, déclare prendre ces frais à sa charge, se sentant responsable.

«J'ai conscience d'avoir été non pas la cause, mais l'occasion des incidents qui ont amené ces condamnations, puisqu'au lieu de me courber devant une interdiction ridicule et injustifiée, je suis sorti de ma cathédrale avec l'intention arrêtée de faire la procession traditionnelle, que j'avais faite impunément les années précédentes.
Je ne puis abandonner ceux qui ont souffert à l'occasion du prétendu délit de procession que j'ai commis.
Et j'ajoute qu'il sera perpétuellement odieux qu'une municipalité ait mis la gendarmerie de toute une région au service de sa rancune ou de son sectarisme et qu'elle ait ainsi étalé aux yeux d'une ville, éprise d'union et de liberté, le spectacle lamentable de sa haine anticléricale.»

Au sujet de l'expulsion surnoise des religieuses d'Evaux-les-Bains, que nous avons signalée, Mgr Flocard, évêque de Limoges, adresse au curé doyen une vigoureuse lettre de protestation contre cette mesure «inhumaine».

«Ce n'est pas assez pour les persécuteurs d'avoir fait à ces pauvres religieuses des conditions de vie qui sont pires que la mort. Ils trouvent sans doute qu'elles vivent trop longtemps, et ils le leur font sentir. Demain, quand l'acte inique aura été perpétré, elles devront partager leur jardin et leur cour avec l'acquéreur sacrilège de leur propriété. A ces saintes filles qui se sont montrées si dévouées pendant la guerre, on inflige un traitement qui n'a pas de nom.
On me dit qu'elles sont affolées et je comprends que leur vénérée supérieure, la Mere Saint-Paul, n'ait pu supporter la perspective de cette suprême épreuve, car je ne doute pas que l'annonce de ces tristes événements n'ait hâté l'heure de sa mort.»

Mgr Flocard rappelle que l'excommunication frappe les acquéreurs de biens d'Eglise, sauf le cas où, munis d'une autorisation, ils auraient en vue la restitution aux propriétaires spoliés.

Dans le diocèse de Nevers, la municipalité ayant fait expulser de son presbytère le doyen de Lormes, un communiqué de l'évêché relate les incidents : majoration exorbitante du bail du presbytère imposée par le Conseil municipal, sommations au doyen; enfin son expulsion violente par la brigade de gendarmerie. Mgr Chetelus, évêque de Nevers, décide que la paroisse de Lormes restera privée de curé tant qu'un presbytère ne sera pas mis à sa disposition; le curé d'une paroisse voisine assurera seulement baptêmes, visites aux malades, mariages et sépultures, sans messe. La situation religieuse ainsi faite à la paroisse de Lormes est «déplorable à tous égards». «La responsabilité en retombe sur ceux qui, de parti pris et de propos délibéré l'ont voulue et rendue inévitable.»
Les faits auxquels se réfèrent ces actes épiscopaux ne sont que trois parmi un grand nombre de vexations de toute nature, auxquelles l'Etat emploie ses divers serviteurs, préfets, gendarmes et magistrats.
Les lois laïques, destinées à faire périr le catholicisme d'inanition, vont aussi doucement leur train. Cependant, le gouvernement ose parler d'union civique; il demande aux évêques leur appui dans ses embarras financiers.
Signalons un nouveau succès de la résistance catholique. Celle des habitants de Montluçon, dans l'affaire du collège dont nous avons parlé, a enfin obtenu un très onéreux mais important succès: la municipalité cartelliste n'a pas osé mettre obstacle à la surenchère par laquelle les anciens élèves se proposaient de se rendre acquéreurs de l'immeuble légalement volé.

 

 


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