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La Lanterne - 20 juin 1926

 


La Lanterne 1926 06 20 01 Churchill n'aime pas les soviets

LE DIFFEREND ANGLO-RUSSE
M. Churchill n'aime pas les Soviets.

«Ce fut, dit-il, une folie d'introduire chez nous les intrigants russes»

Londres, 19 juin. Parlant aujourd'hui à Londres au cours d'une grande fête conservatrice, M. Winston Churchill, chancelier de l'Echiquier, a violemment pris à partie les dirigeants de Moscou.
«Ces mécréants, dit-il, qui ont ruiné leur propre pays, redoublent d'efforts pour ruiner le nôtre. Notre île est un obstacle à leur mise à exécution de la révolution mondiale. S'ils pouvaient seulement oblitérer l'Empire britannique en tant que force dans le monde, ils seraient convaincus que la voie leur est ouverte pour une boucherie générale qui serait suivie d'une tyrannie universelle à la tête de laquelle ils se mettraient pour en retirer quelque profit.
«Mais, poursuivit M. Churchill ils ne réussiront pas dans leurs buts (longs applaudissements), car ils ne comprennent pas combien solides sont les fondations sur lesquelles repose l'Empire britannique.»
«Les institutions parlementaires et démocratiques de la Grande-Bretagne sont toujours restées vénérables, alors que cette bande de conspirateurs cosmopolites se cachait dans les bas-fonds des grandes villes d'Europe et d'Amérique.
«Il est des plus regrettable que les bolchevistes aient fait certaines dupes dans notre pays, mais le gouvernement britannique ne compte pas parmi elles.»
«Quant à l'argent qu'ils ont envoyé pour soutenir les grévistes, c'est une obole bien minime comparée aux besoins des mineurs ou bien encore comparée avec ce que les Russes nous ont volé.»
«Est-ce que ceci ne montre pas amplement quelle folie M. Lloyd George a commise quand il a amené les intrigants asses dans notre pays? C'est une des mesures les plus fatales qu'il ait prises sur le déclin de sa carrière.»
«Certes, la situation actuelle est critique, mais nous suivons avec vigilance les événements.»
«Pour terminer, laissez-moi donner un conseil aux personnes qui prêtent de l'argent à la Russie. En agissant ainsi elles sont dans leur droit, mais il faut qu'elles se rendent compte du risque qu'elles courent et qu'elles comprennent bien, une fois pour toutes, qu'en aucune circonstance la Trésorerie britannique n'acceptera une responsabilité quelconque si ces personnes se trouvent frustrées dans leurs biens.»
«Dans le cas où, à un moment donné, le gouvernement britannique se trouverait dans la nécessité d'expulser les agents des Soviets actuellement en Angleterre, la Trésorerie ne recevra aucune demande de compensation émanant de personnes qui auraient accordé des crédits aux Soviets.»

 


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