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Le Petit Journal illustré - 06 juin 1926


Le Petit journal illustré 1926 06 06 La reddition d'Abd-el-KaderLe Petit journal illustré 1926 06 06 Nos gravures la reddition dAbd el Krim

La reddition d'Abd-el-Krim

La rupture des négociations d'Oudja entre les représentants franco-espagnols et les Riffains pouvait faire craindre une nouvelle campagne d'été au Maroc et toutes les émotions qui en découlent pour ceux qui ont là-bas quelqu'un de cher. Heureusement, il n'en fut rien. Quelques jours d'offensive, effectuée presque sans coup férir, ont suffi pour désorganiser la dernière résistance de nos adversaires et mettre Abd-el-Krim en si mauvaise posture qu'il n'a plus eu d'autre ressource que de se rendre à nous.
C'est ce qui vient d'avoir lieu dans les conditions émouvantes qu'évoque aujourd'hui notre grande page en couleurs.
Le 25 mai, notre commandement reçut, dans nos lignes, un émissaire du chef riffain, chargé par celui-ci de nous faire savoir qu'il s'avouait vaincu et remettait son sort et celui de sa famille entre nos mains. L'offre fut aussitôt acceptée et le lieu de la reddition fut fixé à Imazouène, à quinze kilomètres au nord-est de Targuist, au point de jonction de la troisième Division et de la Division Marocaine.
Tout se passa comme il avait été convenu. A 5 h. 15 du matin, Abd-el-Krim se présenta à nos avant-postes et fut reçu par le général Ibos, commandant la division marocaine, et le colonel Corap, commandant la huitième brigade. Escorté de huit cavaliers, dont deux officiers français, envoyés à sa rencontre, il fut accueilli «comme la France, a dit le général en chef, sait accueillir un ennemi vaincu ayant fait preuve de qualités militaires».
Le chef entre nos mains, les tribus qui le suivaient, sans lien entre elles maintenant, ont commencé à se soumettre à leur tour. Ainsi finit une aventure glorieuse pour nos armes, mais pendant laquelle tous les cœurs français ont battu douloureusement.


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