| L'Œuvre - 16 mai 1926 |
L'emplâtre
Pour la « défense du franc », M. Raoul Péret compte sur le concours des banques ! Ah! le bon billet !
« Il compte notamment, dit le Temps, empêcher que les banques françaises ne prêtent des francs à des personnes (?) ou à des sociétés (?) résidant à l'étranger. Les avances de francs accordées à l'étranger favorisent les spéculations à la baisse de notre monnaie. Quiconque ne possède point de francs ne peut en vendre à «découvert» que s'il réussit à en emprunter.
Il n'est pas besoin d'être très informé ni très clerc pour se rendre compte que la récente débâcle de notre franc a été provoquée et accélérée par les ventes à découvert que notre haute banque rend seule possibles dans ces périlleuses proportions.
Alors, quoi, le gendarme? Il va demain, sur l'ordre du ministre des finances, «boucler» quelques dirigeants de notre principal établissement de crédit et d'une demi-douzaine de banques qui s'engraissent du change?
Y pensez-vous sérieusement? Le Temps poursuit avec une benoite sérénité :
«Il s'agit, en réalité, d'une simple recommandation faite aux banques françaises. Celles-ci ne manqueront pas de s'y conformer: elles n'ont jamais hésité à prêter au gouvernement leur concours pour la défense de la devise nationale...»
Alors, nous voilà tranquilles. Ça et une bonne petite contribution volontaire…
L'OUVRIER.
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