| L'Humanité - 09 mai 1926 |
LE TOUR DES OUVRIERS DU GAZ ET DE L'ÉLECTRICITÉ VA VENIR
Dans tous les ports belges les départs pour l'Angleterre sont suspendus
Que partout s'organise la solidarité ouvrière
LA BATAILLE ANGLAISE EST NOTRE BATAILLE!
Les deux classes en présence renforcent leurs positions et se retranchent. Il est désormais inutile de prétendre maintenir la lutte dans les limites d'un conflit industriel. Si même la majorité des chefs travaillistes fait des efforts pour que le conflit ne sorte pas de ses limites, le gouvernement fait tout pour transformer la bataille engagée en une lutte à mort entre la bourgeoisie et la classe ouvrière.
Il n'y a qu'à écouter par T. S. F. et à lire ses communiqués. Il ne parle que du pays en danger, du pays attaqué, et il pousse à l'organisation d'une armée fasciste. On ne peut appeler autrement les enrôlements pour la police spéciale.
Le gouvernement ne se fie plus à l'armée
Il est clair que l'on veut armer une vaste armée anti-ouvrière fasciste. Il est impossible de considérer autrement les bourgeois que l'on arme officiellement contre les ouvriers.
Ces mesures exceptionnelles semblent montrer que le gouvernement n'a pas confiance dans l'armée. Aujourd'hui, les parks publics de Londres ont été fermés et occupés par l'armée. J'ai vu de nombreux soldats à Regent Park, dont les approches sont interdites.
On a l'impression très nelle que l'on n'attend plus qu'un prétexte et que ces prétextes seront fournis par des meetings publics, qui sont fixés dans tous les centres industriels el auxquels prendront la parole les leaders ouvriers.
Le gouvernement fait une énorme propagande en se servant du discours de l'antediluvien libéral Sir John Simon. Celui-ci, aux Communes, a déclaré que «la grève était illégale». Il a fait une distinction entre une grève ordinaire et une grève générale qui, dit-il, est une attaque contre la nation. Son discours a été radiographié à Londres dans un but que l'on devine. Le Conseil général lui a répondu dans le British Workers, de la part du mouvement trade-unioniste, qu'il ne s'agit pas d'une attaque contre la nation, ni d'une tentative de renverser le gouvernement ou d'un défi à la Constitution. Les ouvriers exercent leur droit de grève légal depuis longtemps établi.
Les origines et les buts du mouvement, dit le Conseil général, sont purement industriels: c'est le gouvernement qui a donné à cette lutte un caractère social et politique.
Il serait puéril de prétendre que des efforts ne sont pas faits pour engager des pourparlers. Des politiciens se sont entremis, mais se sont butés à un refus catégorique du gouvernement. Celui-ci veut la bataille et poursuit activement ses préparatifs.
C. David.
Une entrevue Mac Donald-Churchill
Au cours de cette semaine, Mac Donald et Thomas se sont présentés dans le bureau de Churchill. L'entrevue n'a pas été longue.
- Venez-vous m'annoncer l'ordre de cesser la grève générale ?
- Non.
- Alors, je ne veux même pas vous entendre !
De la part du Conseil général des Trade-Unions, il n'y a aucune tentative de négocier ; elle serait mal reçue des ouvriers en grève.
On voit quel est l'état d'esprit de ceux qui gouvernent. Il se manifeste d'ailleurs à tout instant. Voici un nouvel exemple : les archevêques de Cantorbéry et d'York, d'accord avec les représentants de multiples sectes religieuses qui pullulent en Angleterre, ont fait connaitre leur point de vue. L'archevêque de Cantorbery a envoyé un message à la Compagnie! de T. S. F. qui est entre les mains du gouvernement. La Compagnie a refusé catégoriquement de radiographier le message qui propose: l'annulation de la grève générale, l'annulation du lock-out des mineurs et la continuation des subsides à l'industrie minière par le gouvernement.
Baldwin malade
Les agences annoncent que les événements de ces derniers jours ont sérieusement ébranlé la santé de M. Baldwin. Les événements ont eu sur lui une répercussion morale et physique dont ses amis se rendent compte. On dit même que si les difficultés n'étaient pas résolues d'ici quelques jours, M. Baldwin se verrait, en raison de son état de santé, obligé de remettre la direction de la politique gouvernementale aux soins d'un comité de cabinet.
(Voir la suite en troisième page.)
Les typos français refusent de composer le "Daily Mail "
Notre correspondant de Londres signalait hier la mauvaise impression produite à Londres par la distribution du Daily Mail, arrivé de Paris par avion. Il faut que l'effort le plus énergique soit fourni pour empêcher à Paris l'édition de la presse au service du capital anglais.
Nous devons souligner deux beaux gestes de solidarité: avant-hier, les rotativistes du Matin, ont refusé de tirer du Daily Mail. A Comœdia, où le Daily Mail tentait de se faire imprimer, les linos ont menacé de ne pas faire Comœdia si on faisait le journal anglais. Voici deux cas où la solidarité prolétarienne a eu raison des manoeuvres patronales.
Au Daily Mail, où un geste des linos serait décisif, il faut comprendre cela et que pas un numéro d'édition pour Londres ne soit composé, cliché, tiré.
Une réunion des syndiqués unitaires de la région parisienne
En présence de la gravité des événements qui se déroulent en Angleterre, d'accord avec l'Union des Syndicats de la Région Parisienne, la Commission Exécutive de la C.G.T.U. et le Bureau confédéral convoquent pour lundi prochain 10 mai à 20 h. 30 précises, salle Lepetil-Vergeat, 33, rue de la Grange-aux-Belles, une conférence d'information réservée aux membres des conseils syndicaux et fédéraux.
Les secrétaires des syndicats el des fédérations ayant leur siège dans la Région Parisienne sont invités à assurer la représentation de leur organisation à cette conférence en mandatant quatre ou cinq délégués de leur conseil pour y assister. Considérer la présente communication comme tenant lieu de convoca-
tion.
L'Union des Syndicats de la Région Parisienne, la C. E. et le Bureau confédéral.
Le trafic avec l'Angleterre est arrêté dans les ports belges
Bruxelles, 8 mai. (Humanité.) Dans tous les ports belges, la solidarité ouvrière avec les grévistes anglais est complèle. Tout le trafic est arrêté avec l'Angleterre.
La Commission syndicale a décidé le soutien du mouvement et convoque une réunion pour lundi. Le Parti Communisle lance un appel aux travailleurs.
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