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L'Humanité - 09 mai 1926


L'Humanité 1926 05 09 Aux usines de Noisiel M. Gaston Menier lock-oute ses ouvriers

Aux usines de Noisiel
M. GASTON MENIER LOCK-OUTE
SES OUVRIERS.
Milliardaire, il leur refuse deux francs d'augmentation par jour

Le chocolatier multi-millionnaire Menier, de Noisiel, a, jeudi dernier, à 1 heure, licencié tout le personnel de ses usines.
C'est ainsi qu'en société capitaliste la bourgeoisie répond au dépôt d'un cahier de revendications. Car telle est la raison du lock-out.
Des hommes, des femmes, des enfants, édifient, par leur travail, la scandaleuse fortune d'un quelconque exploiteur. Ils ont des salaires de famine. Ils revendiquent une minime augmentation de salaires.
Insolent, bien répu, le millionnaire ferme ses usines. Le cigare aux lèvres, il lance à son chauffeur «Au bois!» ou «Au cercle!» Dans les foyers ouvriers, la misère est à la porte.

Le riche et «honorable» Gaston Menier

M. Gaston Menier, n'est pas qu'un patron rapace. En sus de l'usine de Noisiel, il est propriétaire des chocolateries Lombard, Guérin-Boutron Carpentier, Marquis, François-Meunier.
Il possède, rue de Monceau, un superbe palais, avec colonnades, jardins etc. Ce requin «fait» aussi au Canada. Il est principal actionnaire de la «Bank of Montreal»; en outre, il possède une île entière dont il est le maître absolu, avec l'assentiment du gouvernement canadien.
Ajoutons que M. Gaston Menier est conseiller général du canton de Lagny et sénateur de Seine-et- Marne..
Tel est le monsieur qui refuse de donner deux francs de plus par jour à des travailleurs.

La misérable situation des ouvriers

Le grand fabricant de chocolat daigne accorder à ses ouvriers un salaire de... 2 francs de l'heure, soit 16 francs par jour. Mais monsieur est philanthrope, il leur alloue une indemnité de vie chère de 6 francs, soit 22 francs
Les femmes touchent 17 francs à 18 francs.
Ils demandent donc l'incorporation de la prime de vie chère dans le salaire horaire, une augmentation de 0 fr. 50 par heure pour tout le personnel sans distinction de sexe, une, indemnité de loyer de 1 fr. 50 par jour pour ceux qui ne sont pas logés, la fixation de l'indemnité de maladie à 8 fr. 35 pour les hommes et 6 fr. 35 pour les femmes, afin qu'elle soit maintenue, comme avant la guerre, au tiers du salaire; l'élévation de la prime de nuit de 3 à 5 francs, et enfin que les femmes faisant le même travail que les hommes gagnent le même salaire.


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