| La Dépêche - 18 avril 1926 |
LES ACCORDS russo-allemands
Ils provoquent de l'inquiétude en Grande-Bretagne
Londres, 17 avril. Au ministère des affaires étrangères, on ne pouvait aujourd'hui donner de précisions sur l'entrevue qu'ont eue hier sir Austen Chamberlain et l'ambassadeur d'Allemagne; mais on croit savoir que M. Sthamer a, au cours de cet entretien, discuté avec le ministre des affaires étrangères anglais certaines questions concernant le traité russo-allemand. Cependant, on laisse entendre dans certains milieux diplomatiques que le ministre des affaires étrangères anglais aurait saisi cette occasion pour rappeler au représentant du Reich qu'il serait opportun que l'Allemagne s'inspirât des principes acceptés par elle à Locarno dans le règlement des différentes questions économiques ou autres qui n'ont pas encore pu recevoir de solution.
Ces indications ne peuvent d'ailleurs être mentionnées qu'à titre purement documentaire et sous les réserves d'usage, l'ambassade d'Allemagne et le ministère des affaires étrangères ayant observé une discrétion complète sur les propos exacts échangés hier entre sir Austen Chamberlain et le docteur Sthamer. Ainsi qu'il a déjà été dit, le gouvernement de Londres, pressentant l'impression fâcheuse que pourrait créer, tant en France qu'en Pologne, actuellement surtout, la signature d'un tel accord, regrette les pourparlers russo-allemands en cours.
Il ne faudrait toutefois pas en déduire que le gouvernement anglais, ayant accepté les explications fournies à ce sujet par le gouvernement allemand, ait l'intention d'adresser une note au Reich, dans le but de le faire revenir sur sa décision. C'est pourquoi certaines chancelleries ont fait part de leurs inquiétudes au ministère des affaires étrangères, en même temps qu'elles ont manifesté leur étonnement de n'avoir pas été informées par l'Allemagne de ce projet.
Enfin, on fait remarquer que les gouvernements alliés ont été avisés du projet russo-allemand par les ambassadeurs du Reich, à l'exception du gouvernement anglais, qui a été tenu au courant par son ambassadeur à Berlin. Ce n'est qu'hier que. pour la première fois. le docteur Sthamer a entretenu sir Austen Chamberlain des intentions de son gouvernement.
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