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Le Petit Journal illustré - 28 mars 1926


Le Petit journal illustré 1926 03 28 le plus beau livre qui soit sorti de la main des hommes

ENTRE NOUS

Parmi les trop nombreuses augmentations dont nous sommes gratifiés en ce moment, une des moins importantes sans doute dans ses conséquences, mais une de celles, par contre, qui fait le plus parler d'elle dans Paris, est l'augmentation des taxis.
Souvent on prend une voiture pour aller vite; souvent aussi on la prend sans nécessité. C'est dire que, dans ce cas, on peut s'en passer et de nombreux Parisiens, qui avaient coutume d'user de ce moyen de locomotion renâclent maintenant devant les prix prohibitifs.
Où est le temps, hélas ! de la course à vingt sous que le cocher de fiacre acceptait de faire sans trop bougonner ? Où est le temps des premières autos de place qui nous parurent alors si pratiques et si rapides?
La toute première, celle qui commença la série, en 1903, a son histoire. C'était un ancien «sapin» à cheval, dont l'avant-train avait été transformé et qui avait été mise à la disposition des Parisiens à la suite d'un concours organisé par l'Automobile Club de France. Dans la catégorie antique des fiacres, elle portait, avant de devenir une auto, un numéro d'ordre. Exactement le numéro 16.000. Quoiqu'elle fût haute sur roues et fort disgracieuse, elle remporta un vif succès. Pour être complet, je dois ajouter que son conducteur, renonçant à l'antique chapeau de cuir bouilli, arborait pour la première fois une casquette galonnée et, autre détail qui a sa valeur, qu'il se montrait, envers ses clients, d'une urbanité exquise. C'était sans doute, une ancien cocher de l'Urbaine.
Depuis lors, le temps a passé. Sur chaque voiture, on installa un compteur que le public, sur la foi du fabricant, appela d'abord un taxamètre. Mais un membre de l'Institut protesta contre la construction irrégulière de ce mot: le taxamètre devint un taximètre. (C'est d'ailleurs le seul exemple connu d'un savant imposant à la foule, malgré les habitudes prises, une locution correcte. Dans l'évolution d'une langue, toujours le contraire se produit. Le taxi, du compteur, passa à à la voiture tout entière. Le mot est entré dans la langue à mesure que croissait le nombre des voitures de place automobiles. Et tout le monde, aujourd'hui, comprend ce que veut dire cette phrase: 12.447 taxis sillonnent actuellement les rues de la capitale.

 

En dehors de sa célébrité comme œuvre religieuse, l'Imitation de Jésus-Christ est si bien appréciée au point de vue philosophique, qu'elle a mérité d'être appelée «le plus beau livre qui soit sorti de la main des hommes». Or, par un destin singulier, on n'a jamais pu, jusqu'à présent, désigner son auteur d'une façon sûre.
Dans une récente communication à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, M. Alfred Pereire a évoqué cette énigme et rappelé qu'on attribue l'Imitation tour à tour à Thomas A. Kempis, chanoine régulier de Saint- Augustin, du monastère de Sainte-Agnès, en Hollande à un certain Gerson, abbé de Verceil, en Italie; et à un autre prêtre du même nom, Jean Gerson, chancelier de Notre-Dame et de l'Université de Paris.
S'appuyant sur des manuscrits, dont les plus anciens remontent au XIVe siècle, M. Pereire prétend que le véritable auteur est ce dernier, né à Rennes, en 1363, mort à Paris en 1429, et qu'on avait surnommé de son temps le docteur très chrétien. Mais un autre savant, le R. P. Fleury, s'est insurgé aussitôt contre cette attribution. D'après des documents non moins probants, paraît-il, l'auteur serait Thomas de Kempen, dit A. Kempis, né près de Cologne en 1380 et mort en 1471.
Depuis des siècles on discute sur ce point. Nous ne connaîtrons probablement jamais la solution du problème.

L'INDISCRET.


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