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Journal des débats - 28 mars 1926


Journal des débats 1926 03 28 La question des dettes. Commentaire anglais

La question des dettes.
Commentaire anglais

Notre correspondant de Londres nous écrit

Ce qui a le plus frappé l'opinion anglaise, dans le dernier discours de M. W. Churchill, c'est la conclusion dans laquelle le chancelier de l'Echiquier a signalé que les Etats-Unis enlèveront aux nations auropéennes la plus grande partie des versements qui étaient destinés aux réparations.

Il me semble, a déclaré M. Churchill, qu'il se produira une situation extraordinaire que, par tout cet enchaînement, ces fils, ces canaux, la pression de la perception des dettes attirera les réparations des pays d'Europe dévastés et ravagés par la guerre qui passeront en un flot ininterrompu à travers l'Atlantique, à la riche, prospère et grande République. Je crois que ces faits ne sauraient sortir de l'esprit des hommes responsables aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe.

Après avoir commenté encore ces paroles, et avoir parlé du ressentiment de l'Europe, le Morning Post, prenant texte d'une lettre d'un Américan, M. John Moody, fait remarquer que les Etats-Unis sont entrés dans la guerre pour leur sécurité qu'aurait menacée la victoire de l'Allemagne; que c'est pour cette raison qu'ils ont prêté leur argent; que lorsqu'ils sont entrés dans la guerre, fort tard, ils n'étaient pas encore prêts, et que, dans l'année qui a suivi, ils n'ont pas fourni autre chose que de l'argent à la cause commune. Les alliés, ayant dépensé tout leur argent pour une cause qui était aussi celle de l'Amérique, ont fourni des soldats pendant que l'Amérique exerçait ses armées, et ne pouvait donner que ses dollars. Maintenant, l'Amérique demande le remboursement de sa cotisation, dit le Morning Post, elle néglige ce que nous avons donné pour sa défense dans cette année décisive et qui était plus précieux que des dollars, le sang de notre peuple. Quel intérêt les alliés pourraient-ils demander pour cette dette de l'Amérique envers eux? Ils n'ont rien demandé, parce que, dans ce cas comme dans un autre, le sang n'est pas compris dans le contrat.
Ainsi s'exprime le Morning Post, qui peut se vanter de représenter le sentiment général.

P. V.

L'opinion en Amérique
La déclaration de M. Winston Churchill, concernant le rôle de l'Amérique dans la crise financière mondiale, a suscité, comme on pouvait s'y attendre, une vive réaction aux Etats-Unis. Plusieurs journaux accusent le chancelier de l'Echiquier de chercher à empêcher la ratification par le Sénat américain du récent accord italo-américain, afin d'obtenir la revision de Raccord anglo-américain, sur les dettes de guerre, et obtenir, ainsi, des concessions plus avantageuses pour la Grande-Bretagne.
Sous le titre ironique « Non, nous ne pouvons pas, M. Churchill», le Washington Post, qui reflèté généralement les vues de la Maison-Blanche, dit que l'annulation des dettes de guerre par les Etats-Unis est hors de question, faisant ressortir que les Etats-Unis n'ont jamais suggéré à la Grande-Bretagne d'annuler elle-même ses dettes de guerre.


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