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Le Matin - 21 mars 1926


Le Matin 1926 03 21Le comte Bethlen vient de rentrer à Budapest

RETOUR DE GENÈVE
Le comte Bethlen rentrant à Budapest trouve l'opposition renforcée par de précieuses recrues

Le comte Bethlen vient de rentrer à Budapest. Si habile que soit la censure de son gouvernement, il aura peine à faire croire qu'il a été bien reçu à Genève. La vérité est que M. Briand a refusé de le recevoir, de lui parler et de lui serrer la main et qu'à une seule exception près, les membres du conseil ont agi de même. La levée du contrôle financier sur la Hongrie n'a même pas été envisagée ; elle ne le sera pas tant qu'il y aura un gouvernement qui a perdu la confiance de toutes les nations étrangères et qui s'appuie uniquement sur un petit syndicat financier de Londres intéressé dans les affaires de crédit agricole en Hongrie.

Le réveil la de la noblesse magyare
La situation à Budapest a évolué. On a appris avec une véritable satisfaction que la force de l'opposition contre le gouvernement Bethlen a grandi grace à de précieux concours. Il y a maintenant non plus seulement dans les partis politiques de gauche, mais dans les rangs de la plus haute noblesse magyare, un véritable réveil. Quatre des personnalités les plus respectées ont pris position. Ce sont des légitimistes, pour la plupart, dont le patriotisme ne peut être mis en doute. Le marquis Pallavicini a déclaré le 2 mars à la Chambre des députés :
Pour être clair, je prétends que le président du conseil Bethlen connaissait depuis des mois les préparatifs faits par les faussaires; il savait que son ministre de la police appartenait à ce consortium de bandits. Je vais plus loin j'affirme que lorsque l'arrestation de Yankovitch obligea l'opinion publique à se saisir de l'affaire, Bethlen a tout fait pour l'étouffer et n'a agi en vue de faire la lumière que dans chaque circonstance où la pression de l'étranger l'y a obligé.
Et comme un député gouvernemental hurlait de son banc : « Est-ce vous qui dites cela ou Sauerwein ? » le marquis répondit : "Tous les deux. »
Le 17 mars au Parlement hongrois,, le comte Sigray a dit :
Il est impossible qu'un gouvernement qui avait depuis longtemps connaissance de l'action des faussaires ait la prétention de conduire cette instruction, le gouvernement doit démissionner : ses membres doivent être mis en présence des accusés au cours du procès sur un pied d'absolue égalité.
Un discours du comte Apponyi
Je ne rappellerai pas les courageuses déclarations du comte Emmerich Karolyi. Elles lui ont valu des menaces de mort en Hongrie et des menaces de ruine de la part da syndicat anglais déjà mentionné. Ces attaques, qui émanant de tels hommes, ont une valeur morale de tout premier ordre, devaient être couronnées par le discours mesuré mais décisif du comte Albert Apponyi devant le Parlement le 18 mars.
Le gouvernement, dit le vénérable chef du parti légitimiste, s'est rendu coupable de toute une série de péchés de negligence dont il doit avoir à répondre. Si j'avais été chef du gouvernement, j'aurais dès le premier moment pris les mesures nécessaires, pour éclaircir l'affaire. Le comte Bethlen n'a pas été de cet avis. Aussi le gouvernement a-t-il toutes les raisons de démissionner et cette démission allégerait sans aucun doute la situation de la Hongrie devant l'étranger. Ainsi, si le comte Bethlen se maintient au pouvoir après ces objurgations, ce ne peut être que sous la pression de sociétés secrètes qui redoutent, en cas de changement de ministère, le châtiment de leurs nombreux crimes.
Mais il faut avouer que les hommes qui à Budapest osent élever la voix avec cette force ont un certain courage. Il est vrai qu'il n'est pas facile de rouer de coups le comte Apponyi, comme Raba, ou de faire mourir dans une maison de fous je marquis Pallayicini, comme Schultze.

J. S.

Comment mourut Schultze. Tout fait croire à un empoisonnement
BERLIN, 20 mars. Téléph. Matin. Le corps de Schultze ne subira l'autopsie que lundi. On sait maintenant qu'il partageait sa cellule, à l'asile d'aliénés, avec cinq autres individus. Il avait la folie de la persécution. Lorsqu'on l'interrogeait, il déclarait qu'il redoutait les complices de Windisch-Graetz. Le 18, il n'avait voulu prendre aucune nourriture, injuriant grossièrement le gardien qui lui en présentait. Une assez grande quantité de digitale lui fut administrée pour le calmer. Le soir, il se décida à manger quelques portions et fut aussitôt après pris de violents vomissements qui se renouvelèrent deux ou trois fois. Dans la nuit, il mourut subitement, au milieu de vives souffrances.
Toutes ces circonstances semblent confirmer que le décès de Schultze s'est effectué dans des conditions anormales. On croit de plus en plus qu'il s'agit d'un empoisonnement.


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