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Le Petit Parisien - 21 mars 1926


Le Petit Parisien 1926 03 21 La campagne contre la S. D. N. recommence en Amérique

LA CAMPAGNE CONTRE LA S. D. N. RECOMMENCE EN AMÉRIQUE
Elle est motivée par l'invitation du conseil de la Ligue à se faire représenter à la session de septembre, qui s'occupera de la cour de justice

Washington, 20 mars (dép. Petit Par.) En l'absence de M. Coolidge de Washington, due à la mort de son père, il est impossible d'indiquer d'une façon précise quelle réponse le gouvernement américain fera à l'invitation du conseil de la Société des nations d'envoyer des délégués à la conférence de septembre, pour discuter les réserves posées par l'Amérique à son acceptation d'entrer dans la cour internationale de justice.
Malgré le vote du Sénat et l'acceptation de l'Amérique, les sénateurs irréconciliables n'ont pas désarmé, et ils ont déjà commencé, en particulier dans le Middle West, à faire campagne contre le gouvernement, lul reprochant d'être entré dans la Société des nations par la porte de service. Ils voient dans l’invitation du conseil la confirmation de leurs allégations.
Par contre, le gouvernement qui, pour éviter toute apparence d'entrer dans la Société, avait soumis ses réserves à chacune des nations signataires, et non directement au conseil, se voit placé dans une situation assez embarrassante.
La première question qui se pose est de savoir si le gouvernement américain acceptera l'invilation de se faire représenter à la conférence de septembre et, dans le cas où il désirerait le faire, s'il peut envoyer des délégués sans demander l'autorisation du Congrès.
Le second point, fort discuté dans les milieux du Congrès, est d'établir ce qu'il arriverait si, à la suite de la conférence, le conseil demandait à l'Amérique de modifier ses réserves ou simplement décidait de modifier les statuts de la cour. Les experts politiques du Congrès tendent à penser que, dans l'un ou l'autre cas il serait nécessaire de porter de nouveau toute la question devant le Congrès et, pour l'instant du moins, il apparait qu'il serait fort difficile d'obtenir un vote favorable. Plusieurs sénateurs, qui ont voté pour la participation à la cour de justice, saisiraient cette occasion pour revenir sur leur première décision. Dans tous les cas, l'invitation à la conférence ouvre de nouveau une question que l'on croyait définitivement réglée et qui permettra aux adversaires de la Société des nations de l'introduire dans la campagne électorale cet été. Il ne faut cependant pas oublier que le président n'a pas encore eu l'occasion d'examiner la question et d'exercer son influence, et qu'il peut encore modérer les vues alarmistes des milieux du Congrès.

Pierre Marsac.


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