| L'Œuvre - 14 mars 1926 |
Les paysans devant l'impôt
On se rappelle peut-être, bien qu'elles n'eussent pas fait grand bruit, les protestations qu'élevèrent l'autre mois, dans la Somme, des personnes qui prétendaient parler au nom des paysans, parce qu'un certain nombre d'agriculteurs et de groupements agricoles avaient déclaré à l'Œuvre être disposés à payer désormais des impôts mieux en rapport avec leurs bénéfices que les impôts actuels.
Nous fumes amenés, alors, à confirmer l'exactitude de nos informations. Mais nous ne supposions certes pas que nos contradicteurs devraient eux-mêmes en convenir.
Les agriculteurs les y ont conduits. Aussi s'en prennent-ils, aujourd'hui, à M. Monmirel, président du «Syndicat agricole de la région de Paris», auteur d'une lettre aux députés dans laquelle, s'exprimant au nom de son important groupement, il dément le refus de satisfaire au devoir fiscal qu'on attribuait injurieusement aux paysans. M. Monmirel termine ainsi :
«Ils (les agriculteurs) s'en remettent au Parlement du soin de déterminer dans quelles proportions les petits agriculteurs devront être dégrevés et dans quelles proportions les agriculteurs les plus importants devront être surchargés.»
Trahison envers «nous» et la «masse de combat des paysans»! s'écrient les «porte-parole» supposés des agriculteurs. Et trahison aussi de la part de la «Société d'agriculture de Meaux», qui vient de tenir son assemblée générale sans «nous» donner raison !
Ces «trahisons» ne font que confirmer encore les informations publiées par l'Œuvre : Les agriculteurs ont du bon sens, disions-nous, et ne refuseront pas leur part d'un impôt équitable.
Car ils nous l'avaient dit. Ils le répètent.
Leurs «porte-parole» n'avaient donc pas compris? -
E. R.
| retour 14 mars 1926 |







































































