| Le Matin- 14 mars 1926 |
Les commentaires de la presse allemande
BERLIN, 13 mars. Téléph. Matin. Commentant la situation à Genève, la Tægliche Rundschau écrit ;
On a voulu poser à l'Allemagne de nouvelles conditions avant son entrée à la Société des nations. L'Allemagne n'a nullement fait preuve d'obstination. Elle a proposé de soumettre à une commission toute la question de l'élargissement du conseil. Elle n'y est pas opposée en principe. Tout ce qui s'est passé prouve que l'on a joué un jeu destiné à placer l'Allemagne en face d'une certaine situation. Lorsque ce but a été atteint, on n'a plus entendu parler des prétentions du Brésil et de l'Espagne. Il résulte de tout cela que l'intermède a assez duré et qu'il faudra demander une solution au conseil lui-même.
Plusieurs journaux, entre autres la Gazette de Voss, affirment que M. Luther s'est déclaré prêt, dès dimanche dernier, à prononcer un grand discours comme M. Briand l'a fait à Locarno, devant l'assemblée de la Société des nations, afin de rassurer ceux qui croient encore que l'attitude de l'Allemagne pourrait empêcher la réalisation de désirs justifiés..
La conclusion de l'article du Lokal Anzeiger exprime très nettement la confiance de l'opinion allemande dans la situation diplomatique de l'Allemagne.
Il est très possible que dans la prochaine séance du conseil le point de vue du droit et de la loyauté adopté par l'Allemagne et le point de vue de l'intérêt supérieur de la Société des nations, que la Suède a défendu avec opiniâtreté, réussissent à triompher.
S'il en est autrement, l'Allemagne ne deviendra pas membre du conseil et de la Société des nations, tragédie qui ne fera pas couler de nombreuses larmes en Allemagne, et la crise de la Société des nations sera ouverte, tragédie pour les vainqueurs de la guerre peut-être, mais pas pour tout le monde, pas pour l'avenir de l'Europe et en tout cas pas pour l'Allemagne.
| retour 14 mars 1926 |







































































