| L'Humanité - 28 février 1926 |
L'« HUMANITÉ » EN SEINE-INFÉRIEURE
Les communistes dénoncent le danger des émanations nocives
PAUVRE RÉPONSE DU CONSEIL GÉNÉRAL!
Les Rouennais, gravement menacés dans leur santé par les émanations toxiques des usines de produits chimiques de la région, protestèrent contre ce criminel état de choses que toléraient les autorités. De nombreuses plaintes furent adressées, notamment par l'ancienne municipalité communisie de Petit-Quevilly.
On finit par s'émouvoir et tout le monde tomba d'accord pour reconnaître qu'il y avait là un danger public.
Le débat au conseil général
Le Conseil général se reunit et notre camarade Bazin porta la question à la tribune. Il demanda que des mesures immédiates soient prises pour préserver la population empoisonnée par l'odieuse incurie des industriels.
De nombreux conseillers intervinrent dans le débat sans apporter de solutions efficaces, sauf l'un d'eux qui proposa une série de mesures plus baroques les unes que les autres, entre autres celles-ci:
1. Les établissements devront être classés par degré d'insalubrité (!)
2. Une zone neutre plantée d'arbres sera aménagée autour des établissements insalubres.
Comme me le faisait remarquer une camarade de Rouen, on demandera aux arbres, de bien vouloir ne pas crever!
Le préfet, naturellement, avait son mot à dire. Il ne fut pas très bavard: «L'insuffisance de la législation actuelle nous désarme à l'égard des industriels; nous ferons appel a leur bonne volonté».
Et le Journal de Rouen ajoutait: «L'administration interviendra auprès des industriels ? Elle leur fera comprendre qu'il ne s'agit, à aucun prix, de gêner le développement de la fabrication, mais qu'il est nécessaire toutefois que les industriels sachent consentir quelques sacrifices quand la santé de la population est en jeu. »
Vous avez bien lu: consentir quelques sacrifices, alors que ces gens-là assassinent lentement des milliers d'individus. Faire appel à la bonne volonté c'est tout ce que le Conseil général a été capable de trouver pour remédier à la situation. Les électeurs de la Seine-Inférieure ne doivent pas être très satisfaits de leurs représentants bourgeois.
Toutefois, il faut reconnaître que le Conseil a fait preuve de bonne volonté sur ses instances, le Comité départemental d'Hygiène a daigné nommer une commission d'enquête. Nous dirons demain à quoi aboutit cette commission.
G. Pass.
| retour 28 février 1926 |





































































