| La Dépêche - 21 février 1926 |
L'orateur affirme donc que depuis soixante années, depuis le moment même de la conquête, où des héros sont morts dans la détresse d'une défense héroïque, il y a une question indochinoise qui, de temps à autre, passe par des phases aiguës. Dans ce pays grand comme une fois et demie la France, les habitants sont à l'abri des besoins materiels, et ce pays est tranquille; sa population a doublé, d'ailleurs, sa richesse a décuplé. Mais la paix indochinoise n'est que celle des étangs semés de nénuphars, comme il y en a tant là-bas. Pour résoudre les problemes délicats de psychologie administrative qui se posent, et qui se posent actuellement devant M. Varenne, il faut que les administrateurs francais s'inspirent des méthodes qui ont été employées par MM. Doumer e Albert Sarraut, et dont la France a récolté les fruits de 1914 à 1918.
Le parti colonialiste n'est pas un parti d'opposition irréductible comme d'aucuns ont tenté de le faire croite. Ce parti dont l'orateur est à la fois le chef et le fondateur, - ne noirsit que l'abolition de l'arbitraire, la colIaboration avec la France, dont reconnaît que l'Indochine a tiré d’inappréciables bienfaits. Mais cette collaboration doit être approuvée sur la réalisation progressive d'une éve. lité fraternelle, Sur l'élargissement progressif des droits indigènes, auxquels ne peut s'opposer la patrie des Droits de l'Homme et du Citoyen, le pays qui a proclamé le premier le droit des peuples a disposer d'eux-mêmes.
« D'ailleurs, ajoute l'orateur, si la France veut continuer à jouer un rôle dans le Pacifique, il lui faut autre chose que quelques milliers d'hommes concentrés en Extrême-Asie et une petite flotte d'unités secondaires. C'est seulement avec la collaboration de l'Indochine elle-même qu'elle peut demeurer une puissance asiatique si l'Annamite ne devait être qu'un éternel mineur, si mes 18 millions de concitoyens ne devaien être que des instruments, ne finiraient ils point par se décourager et ne seront-ils point excusables s'ils devenaient un peu indifférents à la nationalité du maître? »
Et il conclut en espérant que les deux pays continueront leur route la main dans la main,
Ce sont les mêmes idées d'ensemble que M. Duong-Van-Giao vient à son tour développer en disant aussi toute sa fierté d'être un fils spirituel de la France.
Les deux orateurs ont été très applaudis et M. Julien Forgues, secrétaire général de l'Union des syndicats de la Haute-Garonne, est venu leur apporter le salut de la C. G. T qui continuera sans défaillance, dit-il. son œuvre de paix, de libération et de rapprochement des peuples.
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