| Le Canard enchaîné - 17 février 1926 |
PAS DE DÉLATION
On a vu sans doute que M. le préfet de police avait été dans l'obligation regrettable de prononcer la suspensions de quatre mandataires des Halles, convaincus de s'être rendus coupables d'un cer-ain nombre de manœuvres tendant à la hausse artificielle des prix (qui, paraît-il, ne sont pas encore assez hauts comme ça).Mais on a vu aussi que les noms des délinquants n'ont pas été indiqués dans le communiqué publié à cette occasion. Questionné à ce sujet un des fonctionnaires de la Préfecture a fait cette réponse typique:
Non, nous ne dirons pas les noms... Pourquoi voulez-vous que ces Messieurs soient déshonorés ?
Déshonorés c'est peut être exagéré. Mais cet excellent fonctionnaire a raison. Pourquoi exposer ces quatre mandataires à être l'objet de commentaires probablement défavorables ? Pourquoi publier leurs noms ?
Avant de cesser de l'être MM. les mandataires à la volaille étaient parfaitement honorables, et on ne voit pas pourquoi on livrerait leurs noms à la malignité publique. Ce n'est pas parce qu'on est des mercantis qu'on cesse d'être honorables. Où, alors, irait-on.
MM. Eekan, Berrurier, Darbeuf et Roche peuvent compter sur nous si leur nom est publié, l'indiscretion ne viendra pas de nous.
Le Canard sait trop ce qu'il doit aux mandataires à la volaille et aux autres.
| retour 21 février 1926 |






































































