| La Lanterne - 14 février 1926 |
La Reichswehr noire
Les hommes qui la composent sont-ils des soldats ?
Berlin, 13 février. Les débats d'un curieux procès qui va se juger prochainement jetteraient sans doute quelque lumière sur l'organisation de la Reichswehr noire, ainsi que sur ses relations avec la Reichswer, si, selon toute probabilité, le ministre de la Défense nationale Gessler ne faisait pas donner l'ordre au tribunal, par l'entremise du ministre des afffaires étrangères, Stresemann, de prononcer le huis clos, comme cella est arrivé récemment pour le procès de la Sainte Volimo germanique.
Voici les faits: Un certain Motor, qui s'était enrôlé dans la Reichswehr noire a réclamé une pension au ministère de la Défense nationale pour une blessure reçue pendant son service. Geissler a repoussé cette requête en arguant que Motor, n'appartenant pas à l'armée régulière, ne saurait avoir droit à une pension au titre militaire. L'affilié de la Reichswehr noire qui croit sans doute qu'il y a encore des juges à Berlin, a déposé une plainte contre le ministère de la Défense nationale.
Son avocat va chercher à démontrer que l'administration militaire est responsable de la formation de la Reichswehr noire, et que les membres de cette organisation occulte pouvaient croire de bonne foi qu'ils étaient soumis au même régime que les hommes de la Reichswehr officielle.
Suivant la Feuille de Huit Heures du Soir, le ministre de la Défense nationale Gessler aurait donnét l'ordre de détruire tous les documents saisis dans les bureaux de la Reichswehr noire et l'avocat de Motor a l'intention, au cours des débats du procès, de poser les questions suivantes :
« Pourquoi conteste-t-on à Motor la qualité de soldat, alors qu'il portait un uniforme et que son régiment était désigné par un numéro ?
« Pourquoi, s'il n'était pas soldat, a-t-il été exercé au maniement de lance mines et dans l'art de faire sauter les ponts ?
« Pourquoi a-t-il dû signer un engagement de douze ans ?
« Pourquoi lui donnait-on, chaque fois qu'il alllait en permission, un billet gratuit de troisième classe, en chemin de fer?»
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