| Paris-Soir - 14 février 1926 |
LA CRISE DE LA S. D. N
Londres contre la création de nouveaux sièges à Genève
LA BELGIQUE RECLAME SA PLACE
Londres. 13 février. La Westminster Gazette dit qu'avant tout, il faut tenir la promesse faite à Locarno à l'Allemagne de lui donner un siège permanent au Conseil de la Société des Nations. Elle pourra alors émettre un vote. Ce journal rappelle que, lorsque la promesse a été faite à l'Allemagne de l'admettre comme membre permanent au Conseil de la S.D.N., il n'a pas été question d'élire, en même temps, trois autres membres permanents de plus, qui pourraient contrebalancer son influence.
Le Daily Chronicle est du même avis que la Westminster Gazette. Il estime que l'élection de nouveaux membres dans le Conseil de la Société des Nations serait considérée par l'Allemagne comme une manoeuvre destinée à faire disparaître tous les avantages résultant de sa situation dans le conseil.
Le devoir de sir Austen Chamberlain est d'empêcher ce danger en s'opposant à l'acceptation, de l'Espagne, du Brésil et de la Pologne.
L'article du Daily Chronicle est intitulé « Un nuage dans le ciel ».
Bruxelles, 13 février. - Parlant de l'hypothèse de la réduction d'une unité du nombre des sièges non permanents au Conseil de la Société des Nations, par suite de l'entrée de l'Allemagne et de l'éviction possible de la Belgique, l'Indépendance Belge écrit : « N'y aurait-il pas quelque chose de profondément choquant à ce que la première conséquence de l'entrée de l'Allemagne dans la S. D. N. fut de faire sortir du Conseil la Belgique qui a travaillé avec tant d'ardeur à la création et au développement de l'œuvre de Genève ?
»La Belgique a, du jour où l'Allemagne siège au Conseil, un intérêt plus puissant que naguère à y siéger aussi.
» La nation qui a le plus souffert de la violation du droit a des titres particuliers à participer directement à l'action pour le respect du droit.»
L'Allemagne obtiendrait plusieurs postes à Genève
Genève, 13 février. Le secrétaire général de la Société des Nations, sir Eric Drummond, se rendra, la semaine prochaine, à Berlin où il fera une visite de politesse à M. Stresemann. Il profitera de cette rencontre pour causer avec le ministre allemand des Affaires étrangères, de diverses questions touchant l'Allemagne et qui présentent, un intérêt particulier au moment où celle-ci va être admise dans la Société des Nations. Une de ces questions est celle de la place qui pourra être réservée à des Allemands au secrétariat général.
Il s'agit ici, uniquement, de postes à créer ou de postes à repourvoir et non pas de personnes. Il serait question d'attribuer à des Allemands outre un poste de sous-secrétaire général, comme on le sait, avec un ou plusieurs secrétaires, huit emplois dans le secrétariat général, c'est-à-dire qu'on nommerait un Allemand dans la plupart des services ou des sections du secrétariat.
| retour 14 février 1926 |





































































