| Excelsior - 30 avril 1926 |
LE "SIDI-FERRUCH" A ETE MINUTIEUSEMENT FOUILLÉ
MARSEILLE, 29 avril. L'enquête de la police spéciale des ports avai donné, à la fin de la matinée, les précisions suivantes sur l'affaire des passagers clandestins du Sidi-Ferruch:
Trois alimentateurs des chaudières: Louis Padovani, vingt-cinq ans, Antoine Mornelli, vingt-six ans, et un troisième dont l'identité reste imprécise, sont les auteurs de l'embarquement clandestin, à Alger, de travailleurs arabes. Le nombre de ces derniers paraît être de 31. Il n'y aurait donc plus de manquants.
D'autre part, le parquet s'est rendu compte qu'il était impossible de faire décharger les 215 tonnes de charbon du navire, qui a donc été autorisé à poursuivre sa route. Le Sidi-Ferruch partira ce soir pour Philippeville. Toutefois, un inspecteur de police restera à bord pour continuer l'enquête et surveiller la cargaison a cas, peu probable désormais, où de nouveaux cadavres seraient découverts.
La responsabilité des alimentateurs de chaudières, qui introduisirent les clandestins à bord et les dissimulèrent dans les ballasts apparait d'autant plus grave qu'ils n'ignoraient pas, en gens de mer, que ces ballasts peuvent être remplis d'eau sur l'ordre du commandant au moindre incident en mer, déplacement de cargaison ou avarie, même légère, et que la visite de ces doubles fonds n'est effectuée réglementairement que tous les deux ou trois ans.
La police spéciale des ports a continué ce matin ses recherches sur l'affaire du Sidi-Ferruch. D'après les témoignages recueillis auprès des Arabes survivants, l'embarquement clandestin se serait fait à Alger pendant la nuit, grâce à la complicité d'hommes du bord.
Chacun des Arabes ainsi introduits. sur le Sidi-Ferruch aurait versé de deux à cinq cents francs, alors que le passage régulier sur le pont coûte à peine une centaine de francs. Mais, comme le billet n'est délivré que sur le vu d'une autorisation et d'un contrat de travail, l'absence de ces pièces justifie, pour les Arabes, le prix élevé qu'on leur demande.
Il existerait à Alger, affirment les Arabes, une véritable organisation pour ces embarquements clandestins.
Au Conseil des ministres
Le Conseil des ministres, tenu hier matin, s'est saisi du drame du Sidi-Ferruch et a décidé qu'une enquête sérieuse et rapide serait poursuivie.
| retour 02 mai 1926 |







































































