| Excelsior - 02 mai 1926 |
LA TRAGÉDIE DU
SIDI-FERRUCH
Un soutier est arrêté
MARSEILLE, 1er mai. La police spéciale des ports a poursuivi ses recherches pour retrouver les marins soupçonnés d'avoir facilité l'embarquement clandestin des Arabes à bord du Sidi-Ferruch.
Ce matin, M. Antonini, commissaire spécial, a arrêté le nommé Henri Lumini, trente ans, malelot, qui s'était caché dans une maison de la banlieue de Marseille, à la Belle-de-Mai, et qui a été retrouvé sous un lit. Depuis plusieurs années, cet individu naviguait sous le nom de Guillaume Balbi. Il était, en outre, recherché par l'autorité militaire comme déserteur.
Lumini avait fait plusieurs voyages sur le Sidi-Ferruch comme soutier. Il se déclare étranger à l'affaire des embarquements clandestins.
Il a été interrogé dès ce matin devant M. Bouis, juge d'instruction.
Ainsi, à l'heure actuelle, trois chauffeurs et un soutier sont mis à la disposition du parquet.
Une enquête administrative
Indépendamment de l'information judiciaire ouverte au sujet de l'événement tragique du Sidi-Ferruch, M. Mario Roustan, sous-secrétaire d'Etat à la Marine marchande, a adressé des instructions au directeur de l'inscription maritime, à Marseille, pour qu'il soit procédé à une enquête administrative approfondie en vue de rechercher les conditions dans lesquelles s'effectuent les embarquements clandestins trop souvent constatés à bord des navires.
Le sous-secrétaire d'Etat a exprimé son intention très ferme d'étudier sans délai toutes les mesures qui pourraient utilement être prises, soit par les pouvoirs publics, soit par les compagnies de navigation pour mettre définitivement un terme aux faits scandaleux que le drame du Sidi-Ferruch vient de révéler.
| retour 02 mai 1926 |







































































