"Ponpon" n'a pas fini
Le pauvre Dacharry, dit Ponpon, marchand de bonbons; ne semble pas, malgré son succès contre nos autorités locales à propos de ses sucres d'orge, avoir terminé ses rapports avec Dame Justice. Tout s'enchaîne en ce monde et ce procès devenu si populaire va probablement lui en amener un second, qui sera suivi par les humbles avec le même intérêt, contre une autre puissance non moins encline à l'abus de sa force, la «Petite Gironde». Ce journal, on s'en souvient, avait gardé le silence pendant la période la plus propice à la défense des intérêts du petit commerce menacé alors, en la personne de Dacharry et de son aide-vendeur Cledière, par les poursuites du Ministère Public: pendant notre campagne de presse pour orienter l'opinion publique dans un sens favorable à la cause de la liberté commerciale et attirer l'attention du juge sur cette affaire si grosse de conséquences, pas une ligne ne parut à ce sujet dans la Petite Gironde ni dans la France. Seule la Libertė du Sud-Ouest, dont nous étions, déjà cette époque, le correspondant, lui consacra plusieurs articles. Ni l'esprit de confraternité hélas toujours si précaire entre journalistes, ni le sentiment de l'actualité brûlante et de la bonne cause ne décidèrent les deux grands organes à prendre le moindre souci d'une petite contravention comme les autres. Mais, le jour de la première audience, une foule telle qu'on n'en avait jamais vue, emplissait la salle de la Justice de paix à la faire craquer et débordait aux alentours. Après la brillante plaidoirie de Me Austchitzki, le jugement avait été remis à quinzaine. C'était l'occasion, pendant le délibéré, d'agir efficacement sur l'esprit du juge en achevant par des articles l'œuvre du sympathique avocat. Nous nous y appliquâmes. Nos confrères, par contre, virent bien qu'on ne pouvait plus laisser dans l'ombre un tel évènement, mais ils ne purent s'empêcher d'en rendre compte d'une manière favorable à la cause soutenue par la Puissance Publique c'est-à-dire à la légalité du règlement municipal contraire à la liberté du commerce. MM. Dacharry et Cledière, soutenus par le groupe important de l'Artisanat Français dont ils font partie, décidèrent de se servir de la faculté que leur offre la loi du 29 septembre 1919 pour exiger la publication d'une réponse ayant pour but de faire entendre les deux cloches, comme l'exige la justice, aux lecteurs des deux journaux bordelais. Aucun de ceux-ci n'inséra la rectification, mais la France, s'apercevant que son attitude avait été peu conforme à sa politique habituelle et à ses intérêts commerciaux fit amende honorable dans son numéro du 14 novembre 1924. La Petite Gironde, elle, publia les 2, 9, et 18 novembre des articles où elle persistait dans sa façon de faire, répliquant à la rectification sans la publier.
Après lui avoir vainement fait parvenir par la Poste par recommandées avec avis de réception plusieurs réponses amiables, MM. Cledière et Dacharry se décidèrent à regret, sur le conseil et avec l'aide de plusieurs amis et de collègues imbus de l'esprit de justice à lui faire signifier leur réponse aux termes de la loi, le 5 décembre, par exploit d'huissier. Tenu de l'insérer dans les trois jours le puissant organe s'obstine à faire la sourde oreille. Le bureau de l'Artisanat Français lui ayant adressé une requête pour lui faire connaître l'intérêt qu'il attachait à cette insertion, la Petite Gironde, le 13 décembre, répondant par un article à cette requête, mais toujours sans la publier accompagnait sa réponse d'une insinuation malveillante à l'égard de tiers non en cause. Elle s'est ainsi attirée une réplique dont nous extrayons le passage suivant :
Vous ajoutez, dans votre Réponse à une lettre, «qu'il est aisé de deviner à quelles suggestions nous avons obéi». Nous ne comprenons pas et n'acceptons pas cette boutade. Elle est susceptible, à elle seule de déparer le bouquet de fleurs que vous nous avez offert. (L'article contenait quelques compliments un peu tardifs à l'égard du petit commerce). Nous sommes contraints de vous répondre que nous n'avons obéi à aucune suggestion sinon celle de notre conscience. Nous avons pu nous renseigner et nous faire aider par diverses personnes dans les détails de notre action en faveur de deux de nos membres. Mais nous ne voyons nullement pourquoi ces personnes auraient été obligées de nous refuser leur concours sous prétexte que la Petite Gironde se trouvait en cause. Votre journal jouit-il d'une immunité spéciale qui lui permette de commenter et critiquer les rectifications sans les insérer et d'une censure qui empêche les gens compétents de mettre leur savoir à notre disposition quand nous sommes en désaccord avec vous ?... Les choses en sont là.
Si la Petite Gironde, après une ultime tentative amiable, s'obstine dans son refus d'insertion d'une réponse correcte et légitime, le Tribunal correctionnel de Bordeaux va être saisi de cette nouvelle forme de «l'affaire Ponpon» qui menace véritablement de devenir protéique.
Albert de RICAUDY.
Arcachon est monotone
L'insuffisance de distractions en notre ville est bien reconnue tant pour les habitants que pour les hivernants. C'est pourquoi MM. André, coiffeur, passage Thiers, et Camille, secondés par notre très sympathique propriétaire du salon de thé, sous le patronage de M. Le Bourgeois, organisent des concerts pour les premiers jours de Janvier, concerts formés d'artistes de choix (Gd Théâtre de Bordeaux, divers théâtres de Paris, etc.). Entrée libre et gratuite. Tout Arcachon y sera. M. André, organisateur principal de ces concerts, fournira tous renseignements utiles à ce sujet en vous coiffant, ondulant bien, et pendant vos achats de parfumerie, produits de grande beauté. Bravo M. André ! Votre décision heureuse est applaudie par tous les hôteliers, propriétaires de pensions de familles etc., et par tout Arcachon.
Merci pour leurs hivernants
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