La Presse - 29 novembre 1925


La Presse 1925 11 29 01 le jeu de la fortune

BAVARDAGES...
Les Jeux de la Fortune

Il n'est défendu à personne de bâtir des châteaux en Espagne. L'espérance est un des moteurs le seul peut-être qui actionne congrument les pauvres humains. Quel est, en effet, celui d'entre nous qui se refuserait à envisager un avenir meilleur ?
L'argent fait le bonheur, quoi qu'on dise, et si vous en doutez encore, voici une nouvelle preuve éclatante qui nous vient d'outre-Rhin:
Berlin, 28 novembre.. Un notable commerçant italien, habitant Munich, avait gagné le gros lot de la loterie municipale (250.000 francs).
Comme des amis venaient lui apprendre la bonne nouvelle, il sortit un revolver de sa poche et se tua.
Quelques heures après, il fut possible d'expliquer ce suicide réellement déconcertant, le commerçant italien avait signé la veille, en matière de plaisanterie, le billet suivant,
«Si je gagne un lot à la loterie, je m'engage à le partager intégralement entre l'Association des ramoneurs de cheminées et les hospices de Munich... D

Se souvenant brusquement, de son engagement, l'Italien a préféré se suicider de dépit.
Pour un bec de gaz, c'est un bec de gaz ! Heureux ramoneurs! Non moins heureux hospitalisés! Toutefois, j'estime que le négociant italien a pris un peu vite sa décision. Il ne manque pas, en Allemagne, d'hommes d'affaires habiles qui auraient établi facilement le peu de valeur du «chiffon de papier».

ROBERT OUDOT.


retour 29 novembre 1925