Journal des Débats - 15 novembre 1925


v Journal des débats 1925 11 15 02 la dettte française et les USA

Etats-Unis
Une opinion américaine sur la capacité de paiement de la France

Nous avons toujours observé une extrême réserve quant à la portée, des opinions individuelles exprimées aux Etats-Unis le plus généralement par des personnes acquises de tout temps à notre cause au sujet de la dette de la France aux Etats-Unis. Nous croyons cependant qu'un léger revirement s'est opéré aux Etats-Unis, après le départ de M. Caillaux, au sujet de l'estimation des capacités de paiement de la France. Nous citions récemment la déclaration du président de l'American Federation of Labor en ce sens. Nous reproduisons avec plaisir la lettre suivante, d'un Américain notable, M. Douglas, l'un des rois du cuivre en Arizona, et publiée en éditorial par un journal de l'Ouest. Elle ne peut qu'aider au revirement:

Après avoir passé encore une fois plusieurs mois en France (et non pas sur les boulevards de Paris), je suis stupéfait, en rentrant dans mon pays, de trouver l'état d'esprit de mes compatriotes plus «bourse fière» que jamais. Après une étude attentive des conditions actuelles de la France, je suis absolument convaincu que considérer la France capable de payer 3 milliards de dollars est simplement absurde. La France ne peut payer 3 milliards, ni la moitié, sans s'affaiblir complètement parmi les autres nations. Bien plus, mon opinion personnelle est qu'elle ne les doit pas. Les crédits qui lui ont été avancés l'ont été «pour la protection nationale et l'achèvement de la guerre», et ces crédits ont été employés ici, à des chiffres imposés par nous, et deux et trois fois supérieurs à ceux d'avant guerre. La France devrait payer pour l'argent qu'elle a reçu de nous, et qu'elle a employé pour consolider ses dettes d'avant-guerre, et elle devrait également rembourser l'argent reçu après l'armistice. Elle pourrait probablement s'acquitter de ces paiements, si elle avait assez de temps devant elle, sans arrêter ses travaux intérieurs et la restauration de ses régions dévastées.


retour 15 novembre 1925