| Journal des Débats - 15 novembre 1925 |
Le pont de Bergerac
La ville de Bergerac posssède depuis quelques jours un centenaire. son pont, qui fut, pour la première livré à la circulation le 4 novembre 1825. Le pont actuel eut des prédécesseurs, dont les archéologues ont, à cette occasion, retracé l'histoire.
Dès l'antiquité, lors de son passage «en pays Bergeracois», Jules César fit jeter un pont sur la Dordogne. En 722, les Sarrasins d'Abdérame utilisèrent ce pont pour se diriger vers Périgueux. En 842, les bandes normandes endommagèrent ce momument, qui était déjà l'orgueil des Bergeracois. Reconstruit en 1254, il fut emporté par les grandes inondations qui coïncidèrent avec le dernier séjour des Anglais.
Après la paix d'Amboise, Charles IX, accompagné de la reine-mère, Catherine de Médicis, fit, le 8 août 1585, son entrée à Bergerac. Il passa sur le pont réédifié qui avait reçu une décoration spéciale. Pendant son séjour à Bergerac, vers 1585, Henri de Navarre veilla au bon entretien du pont, qui servait à la fois à ses opérations de guerre et aux transactions économiques entre gens du «Pays Haut» et «du Pays Bas».
Le pont de Bergerac fut à nouveau emporté par une crue exceptionnelle qui le 08 mars 1783, s'éleva à 11 mètres au-dessus de l'étiage, en face de Bergerac. Il fallut alors établir un système de transbordement entre les deux rives de la Dordogne. Guillaume Gontier de Biran signala les inconvénients de cette situation à l'Assemblée Constituante, où il était député du Tiers-Etat.
Ce n'est cependant qu'en 1822 que commencèrent les travaux de construction du pont actuel, sous la direction des ingénieurs Guichard et Lepère. Ce pont, magnifique travail d'art, subit quelques avaries lors des crues de 1843 et 1844. Mais, réparé, il résista par la suite à d'autres crues et il paraît porter allègrement aujourd'hui ses cent années d'existence.
H. HENRI-BOUFFARD.
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