| Paris-Soir - 01 novembre 1925 |
Une année des rapports franco-soviétiques
Résumant les résultats de la première année des rapports franco-soviétiques, les Izvestia constatent avec regret leur manque d'harmonie avec les intérêts politiques et économiques réels des deux pays. L'U.R. S.S. ayant manifesté à plusieurs reprises son désir de procéder à la discussion des questions non encore résolues, se heurta à la résistance décidée, à la malveillance préméditée et à l'opposition clairement exprimée de régler les relations mutuelles de la part du gouvernement français.
Les gouvernements Herriot et Painlevé, contrairement aux promesses données par eux aux élections parlementaires, firent apparemment tout leur possible pour entraver l'activité politique et économique de l'ambassade soviétique à Paris.
Les Izvestia soulignent particulièrement le refus de restituer la flotte de Bizerte, la décision hostile, à l'égard du gouvernement des Soviets...
du tribunal de Marseille, concernant les vaisseaux de la Cie Ropit, la question non réglée des biens appartenant en France à l'U.R.S.S., et de menues difficultés, notamment dans le domaine des visas accordés. Pour les Izvestia, la cause de ces désaccords est le manque d'indépendance de la politique française s'orientant tantôt vers l'Angleterre, tantôt vers l'Amérique, en ce qui concerne ses rapports avec l'U.R. S.S., politique sacrifiant les intérêts vitaux de la France dans l'espoir d'adoucir son sort financier. La France n'a en réalité rien obtenu, ni dans le domaine du règlement des dettes, ni dans l'obtention d'emprunt; cette politique fut vaincue à Locarno par suite de la diminution du prestige international de la France.
Une politique française plus sage aurait tenu compte de ce fait que dans plusieurs questions importantes de la politique internationale, les intérêts de l'U.R.S.S. et de la France auraient pu être mis d'accord, car, malgré la différence d'organisation sociale des deux pays, ils sont parfois identiques. Les avantages réciproques d'un rapprochement n'ont pas non plus été compris.
Les Izvestia expriment l'espoir que le nouveau gouvernement français, quel qu'il soit, trouvera moyen de résoudre à l'avantage des deux pays, des questions qui sont restées encore pendantes, et ce non par la faute de l'U.R.S.S.
J. L.
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