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LA DISPARITION DE M. QUEMENEUR QUI, LE 20 JUIN, abandonna au Havre la valise du conseiller général ?
Morlaix, 11 juillet. — Nous avons dit, l'autre jour, que le numéro de la machine à écrire découverte chez Seznec ne correspondait pas à celui de la machine achetée le 13 juin au Havre chez M. Chenouard. Cela n'est pas sans déconcerter quelque peu la police. De même elle pensait que Seznec était revenu au Havre le 20 juin abandonner la fameuse valise. Or il semble bien que celui-ci n’a pas quitté la Bretagne à cette époque. Il aurait été vu en effet chez son homme d’affaires. M. Vidal et les inspecteurs Royère et Bonny se livrent à ce sujet à de minutieuses vérifications. Mais s'il est prouvé que Seznec n'a pu aller au Havre le 20, qui a pu y venir perdre la valise ? Le marchand de bois aurait-il un complice ? D'autre part, il paraît moins sûr aujourd'hui que Seznec soit l'auteur de la dépêche rassurante adressée à Mlle Quemeneur. Ainsi l'instruction semble avoir fait, ces jours-ci, plutôt un pas en arrière. Dans ces conditions ne serait-il pas utile que Seznec fût confronté dans le plus bref délai avec les personnes du Havre qui, d'après les photographies qu’on leur à présentées, l'ont reconnu dans l'individu qu'elles rencontrèrent le 13 juin. C'est en effet là-dessus que repose la plus grosse partie de l'accusation. Il serait bon, on le comprendra, qu'il ne subsistât plus aucun doute à ce sujet. En attendant, de nouvelles perquisitions ont eu lieu chez Seznec et à Landerneau. Elles n'ont donné jusqu'ici aucun résultat appréciable.
Les recherches à Houdan Houdan, 11 juillet. — Les recherches se sont poursuivies toute la journée d’aujourd'hui dans la région de Houdan. En vain. Des fouilles ont particulièrement été faites dans une propriété sise à Millemont, avec l'autorisation du propriétaire de celle-ci. On se rappelle que le nom du village de Millemont avait été souvent prononcé dans la reconstitution de la dernière étape du voyage de Seznec avec M. Quemeneur. La propriété en question, close par un simple grillage et dont les abords sont boisés, est d'une entrée facile. On y a remarqué en outre des trous fraîchement creusés. L'ont-ils été par des bêtes ? Mais l'assassin de M Quemeneur aurait pu profiter de ce travail tout fait. Des sondages ont été faits qui continueront demain avec l’aide de chiens policiers. Notons que les inspecteurs de la Sûreté avaient été attirés vers cette propriété par l'odeur cadavérique dégagée par des champignons vénéneux.
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