| Le Temps - 02 décembre 1925 |
EN ALLEMAGNE
L'arrangement entre l'État prussien et les Hohenzollern
Le Bulletin officiel prussien annonce que les travaux relatifs à l'arrangement entre l'Etat prussien et l'ancienne maison régnante des Hohenzollern sont terminés.
Aux termes de cet arrangement, la maison des Hohenzollern recevra quelques châteaux, notamment le palais Guillaume-Ier, des immeubles, le mobilier et les bijoux de famille, environ 290,000 arpents de terres et forêts, et 30 millions de
marks or.
Ces 30 millions de marks or représentent la valeur des domaines revenant à l'Etat prussien. Celui-ci reçoit notamment les châteaux de la couronne, avec leur mobilier historique, le musée des Hohenzollern, les immeubles de Berlin et de Potsdam, et 110,000 arpents de terres et forêts. La presse libérale est indignée de l'accord intervenu entre la Prusse et l'ancienne maison régnante des Hohenzollern.
La Gazette de Voss calcule que le montant total versé par la Prusse atteint une somme de 225 millions de marks du temps de paix. Cet arrangement, dit-elle, est une énormité..
Le Tageblatt demande que le gouvernement prussien ajourne sa décision jusqu'au moment où la majorité du Reichstag aura statué sur la proposition demandant de soumettre au taux de revalorisation des dettes publiques les indemnités à payer aux Hohenzollern.
Le Vorwærts parle d'un exploit unique dans l'histoire d'un pillage de bien public au profit de quelques-uns.
Le Lokal-Anzeiger, par contre, insinue qu'on n'a pas rendu aux Hohenzollern tout ce qui leur revenait, et que ce n'est que grâce à leur esprit conciliant qu'un accord a pu être réalisé.
Le Reichstag discutera aujourd'hui la motion démocrate tendant à donner le droit aux Etats de régler par voie législative la question des indemnités à payer aux anciennes maisons régnantes de la dynastie allemande.
Bien que cette Assemblée ait déjà repoussé une proposition analogue de la social-démocratie, on pense généralement, dans les milieux politiques de Berlin, que la motion démocrate sera próbablement adoptée.
Jusqu'à présent, les princes ont réussi à faire de leurs litiges avec les Etats des questions purement privées, de sorte que de nombreux procès sont actuellement en suspens. Et le fait que la Prusse à elle seule a déjà payé pour des frais juridiques la somme coquette de 1,750,000 marks donnera une idée des enjeux fameux de ces procès.
Guillaume II (empereur allemand)
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