| Le Quotidien - 19 septembre 1926 |
LA VIE SOCIALE
Le Congrès International des Transports
M. Cramp a de nouveau présidé le Congrès international des transports qui a repris ses travaux, hier matin, à 9 h. 30, salle des Ingénieurs Civils.
M. Fimmen, secrétaire général I’I. T. F., a présenté les conclusions de son rapport sur la grève minière anglaise. Dans ce document, il reconnaît que l'aide apportée aux mineurs d'Outre-Manche par les organisations affiliées témoigne des efforts sérieux accomplis par celles-ci pour répondre aux instructions de l'I. T. F. et dégage les enseignements que le syndicalisme doit retirer de cet événement.
Après un échange de vues auquel prirent part MM. Bevin et Ben-Tillet, des dockers britanniques, Schuman (Allemagne) et Fimmen, le rapport de ce dernier a été adopté sans plus ample débat.
M. Jouhaux, a pris alors la parole au nom de la C. G. T. et de la Fédération Syndicale Internationale.
Il s'est réjoui de voir réuni dans une même salle des délégués de nations si nombreuses et si diverses, preuve que le cauchemar de la guerre était bien fini.
Traduisant la volonté de paix de la classe ouvrière, il a montré comment, aujourd'hui, il n'y avait plus de vie nationale possible en dehors de la vie internationale.
Un discours de M. Albert Thomas
La séance, levée à midi, est reprise à 15 heures.
M. Nathans fait savoir que de la vérification des mandats, il résulte que 132 délégués assistent au Congrès, représentant 22 nations, 54 fédérations nationales et 1.846.637 syndiqués.
M. Albert Thomas prend ensuite la parole.
Dans un discours qui a recueilli les plus vifs applaudissements, il a parlé de l'œuvre du Bureau International du Travail et de son utilité pour les grandes organisations ouvrières qui trouvent auprès de lui les documents nécessaires à leurs travaux et à leurs luttes.
— Il ne faut pas demander au B. I. T., a-t-il dit encore, plus qu'il ne peut donner. Il n'a pas le pouvoir de créer de toutes pièces une législation internationale du travail, mais, avec l'appui du monde ouvrier, il pourra, dans les limites qui lui sont imposées, poursuivre encore de grandes réalisations.
Le président ayant remercié M. Albert Thomas du discours qu'il venait de prononcer, le rapport moral est venu en discussion.
M. Alberti ((Norvège) a soulevé la question de l'admission des syndicats russes, sous réserve de les voir accepter les statuts. Il ne semble pas que ce soit l'avis de M. Paulis (Belgique), qui a reproché à M. Fimmen une action personnelle empreinte de sympathie trop prononcée pour les bolcheviks.
M. Cramp, président, fait alors remarquer que c'est seulement le rapport moral qui est en cause et non l'attitude de M. Fimmen. Comme il n'y a plus d'orateur inscrit, ce document se trouve ainsi entériné.
Le compte rendu financier ayant été adopté sans discussion, la continuation des travaux a été renvoyée à lundi matin, 9 heures.
Le Comité National de la C.G.T.U.
La seconde journée du Comité national de la C. G. T. U. a été présidée par M. Nilès. Les délégués ont discuté de l'organisation de la journée nationale du 7 novembre puis ont entendu un rapport de M. Rabaté sur la situation financière. Après un discours de M. Raynaud et une intervention de M. Racamond, le comité a décidé d'encourager les syndiqués unitaires à refuser le paiement de la taxe civique. Puis M. Vassart (Metaux) a rapporté sur la stratégie des grèves.
Chez les cochers-conducteurs de grande remise
Le syndicat des cochers-conducteurs de grande remise, après plusieurs réunions, vient d'établir ansi son cahier de revendications.
Pour les cochers de grande remise, salaire au mois (1 altelée) : 850 francs. Pour les chauffeurs de grande remise, salaire à la journée: 40 francs.
Ces tarifs s'entendent à la campagne. comme à Paris, la nourriture et le logement étant à la charge du client. Le syndicat demande aux loueurs que ces conditions entrent en vigueur à partir du 1er octobre 1926.
La grève du bronze
Le mouvement de grève des ouvriers du bronze se poursuit. Il englobe maintenant 200 maisons, douze autres ayant accordé satisfaction. Les patrons, qui ont envoyé à chaque gréviste une «lettre individuelle», envisageraient de répondre à la grève par le lock-out.
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