| Le Figaro Littéraire - 23 août 1925 |
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ÉCHOS L'âge des bésicles. Dans son très intéressant ouvrage «les Bésicles de nos ancêtres », le D' A. Bourgeois a signalé une bible manuscrite de la Bibliothèque nationale, datée de 1380, où une enluminure représente saint Paul avec des lunettes. Il y avait bien une centaine d'années qu'on fabriquait des verres conserves à l'usage des presbytes, car dans un "trattato del governo della famiglia", écrit, à Florence, en 1299, on lit (texte cité par M. A. Guadet, dans un supplément de l'Exportateur français consacré aux industries de l'optique et de la mécanique de précision): « Je me trouve maintenant si chargé d'années que je ne pourrais plus ni lire ni écrire sans les verres appelés Okiali (occhiali) inventés récemment pour la commodité des pauvres vieillards dont la vue a faibli» Le P. J.-J. Berthier a décrit, en 1912, une fresque peinte en 1352 par Thomas de Modène dans une salle contigue à la sacristie de l'église Saint-Nicolas, à Trévise. On y voit tout le chapitre de l'ordre des Dominicains, quarante portraits de moines à l'étude, tout ce qu'il faut pour lire et écrire, mais ni loupes ni bésicles, sauf sur le nez d'un seul personnage, qui est le cardinal Hugues de Provence. Il porte, dit le P. Berthier « un binocle aux verres tout rond dont les deux moitiés se meuvent sur une vis commune : c'est ce que les Espagnols appellent encore "la gafa". Cette description convient parfaitement aux bésicles portées par le saint Paul de 1380 : à trente années de distance, c'est le même instrument. Jusqu'à de nouvelles trouvailles, le portrait du cardinal de Provence est le plus ancien qu'on connaisse d'un personnage identifiable portant lunettes. G. A. |
| Lunettes |
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