Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor

Le Petit Journal illustré - 30 août 1925

Le Petit journal illustré 1925 08 30 art 02 dernière visite du léopard 2

Le Petit journal illustré 1925 08 30 : Page 12 le dernier léopard

La dernière visite du léopard

On a beaucoup ri et l'on rira longtemps encore de cette aventure héroï-comique.
On aura raison, puisque tout s'est terminé le mieux du monde, sauf pour la malheureuse bête amenée d'Abyssinie en France pour mourir sous les balles de gendarmes parisiens. Mais on a eu tort de rire tant que le fugitif circulait en liberté. Un léopard mesurant 70 centimètres et pesant 80 kilos est un fauve dangereux. Ceux qui blaguaient le plus ce léopard introuvable auraient sans doute changé d'avis s'ils s'étaient trouvés tout à coup en sa présence.
Quoi qu'il en soit, de même qu'une tigresse échappée est restée célèbre à Marseille, on se souviendra longtemps de ce léopard qui, une belle nuit, trouva le moyen de sortir de la cage où on l'avait enfermé, au Jardin d'Acclimatation, franchit toutes les clôtures et disparut dans les fourrés du Bois de Boulogne.
Dès l'alerte donnée, des battues commencèrent, faites tour à tour par des gardes-forestiers, des gardes municipaux et des employés de l'éta-blissement auquel appartenait le félin. La fantaisie s'en mêla. Des chasseurs, à la manière de Tartarin, s'offrirent et l'on eut bien du mal à les empêcher de se mettre en campagne. On craignait, avec raison, pour la vie des promeneurs inoffensifs.
Enfin, après quatre jours de battues inutiles, quelle ne fut pas la stupéfaction d'un surveillant de l'école Pascal, située boulevard Lannes, en bordure du bois, se trouvant nez à nez, au petit jour, avec la bête qu'on recherchait. Il appela à l'aide et téléphona aux gendarmes, dont la caserne est toute proche. Ceux-ci accoururent. Après une chasse mouvementée, le léopard qui, quoique blessé, avait franchi de hautes murailles, fut abattu par une salve meurtrière.
Gageons que son cadavre immobile, qui attirera sans doute les curieux, fera éprouver un frisson rétrospectif à ceux qui ont le plus ri !


30 août 1925