AU MAROC VEILLE D'OFFENSIVE
Au moment où le maréchal Pétain prend le commandement en chef des forces marocaines pendant l'absence du maréchal Lyautey, la situation du front nord se présente ainsi :
Trois groupes de forces ont été mis en place par le général Naulin à l'ouest le groupement Pruneau, au centre le groupement Marty, à l'est le corps Boichut.
Le premier résultat de ces dispositions, complétées par des rassemblement de méhallas et de partisans chargés d'assurer la police de l'arrière, a été d'arrêter le développement de la dissidence. Avec les opérations d'Amergou, puis du Sarsar, et actuellement des Tsouls et des Branes, nous sommes entrés dans une phase active dont le but est, d'abord, d'obliger la dissidence à régresser. Les premiers résultats acquis ont été pleinement favorables.
Le maréchal Pétain arrive au moment où se développent les actions destinées à contraindre toutes les tribus devant obéissance au sultan, à rentrer dans l'ordre. La haute autorité de l'illustre soldat contribuera à hâter l'heure où, sur tout le front, nos troupes auront atteint la ligne que nous occupions avant l'agression rifaine, ainsi que vient de le faire le 19e corps dans le secteur des Tsouls et des Branes.
La grande activité qui règne partout, et plus particulièrement depuis le dernier conseil de guerre tenu à Fez sous la présidence du maréchal Pétain, indique que nos actions offensives vont se poursuivre sans arrêt. Une première et importante répercussion de ces manifestations de notre force est l'effondrement du prestige d'Abd el Krim dans les tribus de l'arrière où certaines, comme les Ghiata, viennent de voir rentrer des contingents qui ont pris part dans nos rangs aux derniers combats. Les émissaires rifains qui parviennent à pénétrer à l'intérieur sont dénoncés et chassés honteusement. Partout, dans le centre et dans le sud du Maroc, on manifeste la plus entière confiance dans le succès de nos armées.
En présence de cette situation nouvelle, Abd el Krim conserve une attitude orgueilleuse et affirme avec assurance que, en tout état de cause, les complications internationales lui assureront l'impunité finale.
Néanmoins, dans quelques jours, nos troupes se trouveront en contact avec les tribus rifaines proprement dites. Le moment décisif sera alors venu. Ici tout le monde est convaincu que le maréchal Pétain prendra alors, conformément aux instructions du gouvernement, des décisions propres à régler rapidement et définitivement la question rifaine.