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LE PROBLÈME DE LA SÉCURITÉ M. ARISTIDE BRIAND SERA DEMAIN A LONDRES 
Au cours de l'entretien qu'il aura mardi avec M. Chamberlain, le ministre des Affaires étrangères français réglera définivement la base des négociations à poursuivre avec l'Allemagne au sujet du pacte de garantie.
LONDRES, 8 août. La conversation que MM. Briand et Chamberlain vont avoir mardi prochain, et qui est considérée comme une des plus importantes que les ministres des Affaires étrangères anglais et français aient eues depuis longtemps, porterait non seulement comme on le sait sur la réponse à faire à l'Allemagne et sur le pacte, mais aussi très vraisemblablement sur la Société des nations.
Le Reich convié à des conversations directes Autant que l'on puisse savoir, la réponse à la note allemande du 20 juillet dernier sera probablement courte. Elle se bornera à redresser certaines parties de cette note et à informer le Reich que l'ère des discussions par la voie des chancelleries est close et doit faire place à des conversations directes. En con-séquence, on le conviera à une certaine date à venir entamer des négociations avec les Alliés. Après avoir arrêté cette réponse, les ministres anglais et français auront en second lieu à régler définitivement les bases de ces négociations. Dans cette intention, les gouvernements anglais et français avaient déjà préparé chacun de leur côté un projet de pacte, ou plus exactement un projet de discussion sur le pacte.
L'entrée de l'Allemagne dans la Société des nations Enfin, en troisième lieu, la question de l'entrée de l'Allemagne dans la Société des nations retiendra très sérieusement l'attention de de MM. Briand et Chamberlain. On sait que l'Allemagne, sans faire une opposition nette à l'obligation imposée par les Alliés de son entrée dans la Société des nations comme condition à l'exécution du pacte, fait des réserves et se retranche derrière son mémorandum de septembre 1924 et derrière sa note de décembre 1921 au conseil de la Société des nations, et prétend que les objections du Reich restent entières. De leur côté, les Alliés maintiennent qu'un accord sur un pacte de sécurité n'est possible avec l'Allenagne que si elle entre dans la Société des nations dans les conditions spécifiées par ce conseil le 13 mars 1925. Le Foreign Office en reste sur ce point à la teneur de la note communiquée à l'Allemagne le 16 juin dernier par le gouvernement français en accord avec les Alliés, et il est, comme le Quai d'Orsay, d'avis que les prétentions de l'Allemagne à l'exemption des obligations militaires de la Société des nations doivent être repoussées, l'Allemagne devant entrer sans conditions dans l'organisme de Genève, quilte à présenter ensuite sa protestation devant la Ligue. MM. Chamberlain et Briand se préoccupèrent de la situation créée par l'attitude réticente de l'Allemagne, non seulement au regard du pacte, mais vis-à-vis de la Société des nations, dont certains éléments peuvent avoir une impression inexacte des intentions de l'Allemagne et lui prêter des desseins plus conciliants que ceux qu'elle pourrait nourrir en réalité.
Le cabinet britannique se réunit jeudi Au cours d'une des dernières réunions du cabinet britanrique, M. Austen Chamberlain a indiqué les grandes lignes de la thèse qui soutiendra lors de ses prochaines conversations avec M. Briand. On confirme, d'autre part, que la première réunion du cabinet est fixée à jeudi soir. Au cours de cette séance, le secrétaire aux Affaires étrangères fera alors connaître à ses collègues le résultat des négociations qui vont s'ouvrir mardi.

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