| L'Oeuvre 06 juillet 1924 |
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La villa de Landru ne trouve pas d'amateurs Il fallait voir, hier, M. Tric, marchand de chaussures et propriétaire de la Villa Landru », à Gambais, quand Me Carrier, notaire, remit, à 15 h. 10, ses allumettes dans sa poche et réintégra dans un tiroir les trois bougies notariales parce qu'aucun amateur ne se présentait aux enchères. Je ne sais pas ce « qu'ils » ont, dit le pauvre homme. « Ils viennent par centaines visiter cette maison. Elle est bien située et confortable. Elle a un vestibule, une salle à manger, un salon, deux chambres, un grenier, une cuisine et des communs construits en excellents matériaux. Il y a 3.060 mètres de terrain, dont un beau jardin. Et, comme l'Œuvre le remarquait hier, avec un peu de peinture et quelques clous, on peut la rendre à nouveau très habitable. Mais personne n'en veut !… « Sans doute, on a volé deux ou trois portes et emporté l'évier. J'ai porté plainte sans succès entre les mains du procureur de la République à Mantes, et réclamé à la justice des dommages et intérêts devant le Conseil d'Etat, qui m'a débouté sans explications. « Cependant, je vous jure que cette villa est coquette autant qu'une autre. Pourquoi diantre la croit-on hantée ? Je l'ai payée une trentaine de mille francs avant la guerre. Je la céderais pour une bouchée de pain de 70 à 80.000 francs. C'est tentant! Or, nul ne se laisse tenter. Raudra-t-il donc que j'en fasse un musée, et que je place un tourniquet à la porte? Voilà le mot. Gambais, avant Landru, c'était un village de Seine-et-Oise, comme Gambaiseul son voisin. Maintenant, Gambais est illustre. Mais tout le monde rit en en parlant: N'allez pas par là, dit-on aux jouvencelles. Et M. Tric, sans locataire depuis trois ans, sans acquéreur depuis hier, mange de l'argent. Qui veut une petite maison, à Gambais, dans les arbres? E. B. |
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